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Obama et l'héritage de Mandela

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Nelson Mandela aurait eu hier 100 ans et l'Afrique du Sud a saisi cette occasion pour rendre un hommage vibrant à son leader, devenu une icône mondiale de la lutte contre l'oppression et les inégalités, notamment raciales. Une marche symbolique conduite par la veuve de Mandela, Graça Machel, a eu lieu jusqu'au siège de la Cour constitutionnelle, lieu hautement symbolique, synonyme de l'avènement de la démocratie en Afrique du Sud en 1994. Ensuite, ce fut le tour du forum dirigé par l'ancien président des Etats-Unis Barack Obama qui a constitué les temps forts de cet hommage national. Mais le «Mandela day» n'appartient pas qu'à l'Afrique du Sud ou au continent africain, il est célébré partout à travers le monde, tandis que la fondation qui porte son nom appelle en permanence à l'action, au changement, à l'engagement quotidien pour concrétiser les idéaux de l'homme qui a porté l'estocade à l'apartheid.
Lors de son intervention au stade de Johannesbourg, devant des milliers de Sud-Africains dont beaucoup étaient des militants de l'African national congress (ANC), Barack Obama a mis le point d'orgue à la célébration en évoquant «l'immense vague d'espoir qui avait déferlé sur le monde entier» au lendemain de la libération de Mandela, un 2 février 1990, après 27 années derrière les barreaux ségrégationnistes. Et quatre ans plus tard, c'était la fin de nombreuses décennies d'un régime raciste blanc sans la moindre effusion de sang, Madiba étant porté à la plus haute charge de l'Etat, devenant ainsi le premier président noir de l'Afrique du Sud jusqu'en 1999. «Grâce à son sacrifice et son leadership résolu, et peut-être encore plus grâce à son exemple moral, Mandela (...) a personnalisé les aspirations des personnes dépossédées», a salué Barack Obama dans son vibrant hommage à un «géant de l'Histoire», devant les 15 000 personnes venues témoigner leur attachement à ce pionnier de l'émancipation dans un pays qui peine encore à concrétiser les nobles idéaux qu'il défendait inlassablement. Il «nous montre à nous qui croyons en la liberté et la démocratie que nous allons devoir nous battre encore plus pour réduire la pauvreté», a plaidé à cet égard le premier président noir des Etats-Unis, dont le discours était d'autant plus significatif qu'il s'adressait au pays le plus inégalitaire au monde, si l'on en croit la Banque mondiale qui le situe aussi comme la première puissance industrielle du continent africain.
Un discours qui a eu des relents de mise au point au lendemain du sommet d'Helsinki car il y eut surtout cette dénonciation d'une «période étrange et incertaine» qui plane sur l'ensemble des peuples, avec une «politique de la peur» imposée par des dirigeants qui méprisent les faits et «usent de mensonges sans la moindre vergogne». Une tirade dans l'esprit même de l'événement et qui vise aussi bien les climato-sceptiques que les politiques d'immigration basées sur la race et la religion.

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