2 ans de prison pour les racketteurs de plages

Une première. Quand il s'agit de dénoncer les comportements des voyous qui squattent des espaces de plages pour ensuite les louer aux estivants, c'est tout le monde qui crie à tue-tête. Pour exiger l'intervention des autorités. De la justice. Cette semaine, il y a eu la toute première condamnation, par le tribunal de Cherchell, à 2 ans de prison ferme et une amende de 10 millions de centimes à l'encontre de cinq personnes accusées d'«exploitation d'une plage sans autorisation», «violenter des estivants pour leur soustraire de l'argent», «possession d'armes prohibées et constitution d'une bande de malfaiteurs». Il serait juste de continuer à réagir à tue-tête pour, cette fois, applaudir la justice qui a décidé de prendre en charge le problème avec toute la rigueur nécessaire. De toute évidence, il s'agit là de l'application des mesures annoncées, le 9 juin dernier, par le ministre de l'Intérieur, Nourredine Bedoui, lors de la Rencontre nationale pour la préparation de la saison estivale 2918. Etaient présents à cette rencontre le ministre du Tourisme, Abdelkader Benmessaoud, le ministre de la Jeunesse et des Sports, Mohamed Hattab et celui de la Culture, Azzedine Mihoubi. «Nous exhortons les walis à consolider le rôle des commissions de sécurité dans les wilayas côtières pour faire face aux squatteurs de plages et mettre un terme à tout dépassement en vue de protéger les droits et acquis des estivants et préserver ces espaces qui sont, par la force de la loi, la propriété des citoyens» avait précisé Bédoui à cette occasion. Aussitôt dit, aussitôt fait. Avec toute la célérité requise puisque dès leur arrestation, les accusés ont été jugés par le tribunal en «comparution immédiate». Ce serait une grave erreur que de «jeter» cet événement dans les faits divers. Certes il y a la protection des estivants algériens qui veulent jouir gratuitement des plages de leur beau pays. Mais pas seulement car et au moment où il est question de relancer notre tourisme, les squatteurs en question bloquent tout le programme. Comment voulez-vous convaincre les touristes nationaux à choisir leur pays, tout en laissant des voyous les agresser? Comment voulez-vous vendre le tourisme algérien à l'étranger avec cette faune aux portes des plages? S'ils ne sont pas l'unique solution pour relancer notre tourisme, ces délinquants sont un problème qui s'ajoute à beaucoup d'autres plus anciens. Des problèmes qu'il faudra régler de manière «chirurgicale». A titre d'exemple, Benmessaoud a déclaré lors de la même rencontre citée plus haut qu'il «est devenu nécessaire d'octroyer aux établissements hôteliers le droit de concession pour la gestion des plages limitrophes conformément à un cahier des charges définissant leurs obligations». Ce qui permettrait aux estivants d'être plus détendus à l'intérieur des concessions. Loin de la pression bête et méchante actuelle. Et qui les fait fuir jusqu'en Tunisie. Des lignes sont en train de bouger dans notre tourisme. Il faut les applaudir plus fort!