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Les contes de l'Oncle Sam

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Quoi de plus surprenant que d'entendre un directeur du renseignement américain, Dan Coats en l'occurrence, affirmer jeudi dernier qu'il ignore la teneur des discussions entre le président Donald Trump et son homologue russe, Vladimir Poutine, durant leur tête-à-tête à Helsinki, lors d'un sommet sujet à beaucoup de controverses! «Je ne sais pas ce qu'il s'est passé lors de cette rencontre», a dit M. Coats, invité au forum sur la sécurité d'Aspen (Colorado, ouest). «Je pense qu'avec le temps, et le président a déjà mentionné certaines choses qui ont eu lieu lors de cette rencontre, nous en apprendrons plus», a-t-il néanmoins relativisé.
Dan Coats est le superviseur en chef du travail qu'effectuent les nombreux services de renseignement américains parmi lesquels la CIA et la NSA. Difficile, dans ce cas, d'imaginer un seul instant que puissent lui rester «cachées» des informations de première importance, surtout quand il s'agit du délicat dossier des relations avec l'autre superpuissance, accusée de surcroît d'ingérence dans la campagne électorale de la présidentielle de 2016. Mais, à sa décharge, il est vrai que Trump dispose, parmi toutes ses prérogatives, de la faculté de garder par-devant soi la teneur de ses discussions en tête à tête avec ses homologues étrangers. Une faculté tout en nuances puisque son staff le plus proche est tenu de fournir aux agences de renseignements un résumé des thèmes abordés et, on le suppose, de l'ambiance qui aura prévalu quant aux chances de succès des attentes américaines. Comme sont fournies à la Maison-Blanche, chaque jour, des notes sur les menaces et les sujets d'importance qui concernent, d'une façon générale, le pays.
Grâce aux communiqués des services du Kremlin, on sait que les deux présidents ont exprimé leur accord sur un certain nombre de points comme la Syrie, le désarmement nucléaire ou la sécurité d'Israël. Des points sur lesquels le président Trump n'a pas eu l'heur de s'étendre puisque, dès son retour aux Etats-Unis, il lui a fallu faire face à une fronde venant aussi bien du camp adverse (démocrate) que de son propre camp républicain. Objet du courroux, son discours nuancé sur l'ingérence supposée de la Russie dans la campagne présidentielle américaine. Et là, les «médias Fake-news», selon son expression favorite, ont donné libre cours à leur salve vengeresse, reproduisant à satiété les critiques des ténors républicains au point que Trump a dû faire amende honorable, en rétropédalant à toute vitesse. Preuve que les forces qui guident l'opinion américaine sont non seulement parfaitement informées des choses et de leur contraire, mais qu'elles ont, en outre, la toute-puissance nécessaire pour contraindre les courants les plus récalcitrants, voire les plus rébarbatifs.
C'est ainsi que Dan Coats fut parmi les premiers à réagir aux déclarations alambiquées de Trump, à Helsinki, qualifiant de très «claire» l'enquête de ses services sur l'ingérence russe et confirmant l'effort continu, selon lui, de la Russie pour «saper la démocratie américaine». C'était, dit-il, «une mise au point nécessaire» qui «relevait de ma responsabilité». D'où l'exigence de rendre à Jules ce qui appartenait à César.

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