Prévisions pour le 20 Decembre 2018

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La malédiction de l'or noir et son yo-yo

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Eclaircie. Nos exportations ont connu une hausse de 2,21 milliards de dollars durant le premier semestre de cette année comparativement à la même période de l'an passé. Quant à nos importations et pour la même période elles ont baissé de seulement 489 millions de dollars comparativement au premier semestre 2017. Il n'empêche que ses deux indicateurs marquent un recul de notre déficit commercial de 47,75% à fin juin 2018. Pour l'année 2017, ce recul a été de 34,4%. En d'autres termes, notre taux de couverture des importations par les exportations est passé de 64% en 2016 à 76% en 2017. Pour les six premiers mois de cette année ce taux de couverture est passé à 87%. Nous vivons toujours au dessus de nos moyens même si la tendance est à l'équilibre. Et puis surtout, il faut bien le dire, ce ne sont pas nos exportations hors hydrocarbures qui ont permis cette baisse du déficit commercial. Sur près de 17 milliards de dollars d'exportations d'hydrocarbures durant les cinq premiers mois de cette année, les exportations hors hydrocarbures n'ont représenté qu'un peu plus de 1 milliard de dollars durant la même période. Nos industriels, nos agriculteurs, tous nos opérateurs devraient se sentir touchés dans leur amour-propre, non? Sont-ils à ce point incapables d'augmenter leurs productions, de les mettre aux normes internationales, de s'organiser pour trouver des débouchés ainsi que mettre en place des circuits de distribution? Le fait d'arrêter les importations de produits mis sur le marché national en quantité suffisante par nos opérateurs devrait inciter ces derniers à développer leur production en quantité et en qualité et non pas comme un «carnet de commande» bloqué sans la moindre concurrence qui puisse empêcher de faire tranquillement «la sieste». Non, franchement, ces chiffres du commerce extérieur publiés par le Cnis (Centre national de l'informatique et des statistiques des douanes) que nous rapportons n'incitent vraiment pas à pavoiser. Nous sommes toujours dans la malédiction de l'or noir avec son yo-yo dévastateur quel que soit le cours. Avec des prix plafonds c'est la démobilisation. Avec des prix planchers, c'est la catastrophe. Pour s'en sortir, il faut réfléchir sérieusement au phénomène qui a prévalu au début de l'ouverture économique pour donner naissance à une génération spontanée d'importateurs algériens. Il faut en étudier tous les ressorts et analyser les mécanismes qui ont conduit à l'engouement. Au lieu d'acheter, il s'agit aujourd'hui de vendre. S'il faut passer par le partenariat avec des opérateurs comme nos voisins tunisiens qui possèdent l'expérience voulue en export, pourquoi pas? S'il faut former des négociants qui se chargeraient d'écouler la production nationale sur les marchés internationaux, allons-y et faisons en sorte que cela devienne un métier à part entière. Dans tous les cas de figure, il est impossible de continuer à suivre un «tableau de bord» de notre commerce extérieur dominé par les hydrocarbures. Il suffit d'un sursaut de patriotisme économique!

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