Palestine, un jour sans fin

Tout en assassinant froidement et en toute impunité les adolescents et les jeunes gens des territoires palestiniens occupés, les soldats de l'Etat hébreu sont chargés d'une autre besogne. Hier, un journaliste palestinien a été brutalement arrêté par l'armée sioniste dans le village de Rantis, au nord-ouest de Ramallah, ce qui porte à 22 le nombre de confrères palestiniens détenus dans les geôles israéliennes. Ibrahim al Rantisi agit en qualité de correspondant de presse pour le compte de la chaîne de télévision turque TRT. Une escouade de soldats sionistes a pris d'assaut la maison de son frère, Fakhri, où il se trouvait et d'où il a été enlevé manu militari. Des témoignages ont été divulgués par l'agence turque Anadolu qui indique que les assaillants ont passé la demeure au peigne fin.De nombreuses réactions internationales ont été enregistrées au cours des dernières semaines, notamment après la mort de deux journalistes palestiniens assassinés par les tirs de l'armée israélienne dans la bande de Ghaza et à El Qods. Elles étaient unanimes pour condamner le comportement bestial de l'armée israélienne qui ne s'embarrasse guère du fait que les victimes portent le brassard indicateur de leur fonction, puisque sa mission est d'empêcher que des témoignages écrits et filmés ne viennent étayer les accusations maintes fois formulées par l'Autorité palestinienne. Celle-ci a beau demander une protection internationale pour l'ensemble de la population en situation flagrante d'apartheid et soumise à un massacre quotidien, la communauté internationale incarnée par l'Assemblée générale de l'ONU a beau tenter de contourner la position incroyablement partisane des Etats-Unis dont le veto vient systématiquement bloquer toutes les résolutions concernant les abus d'Israël, il semble que le calvaire ne soit pas près de prendre fin. La résistance du peuple palestinien est ainsi condamnée à la plus grande des solitudes, depuis que certains pays arabes ont opéré un virage à 180 degrés pour engager un flirt innommable avec le gouvernement Netanyahu sous la baguette duquel la médiation de l'administration Trump prétend imposer un «plan de paix» sur mesure. Certes, l'Arabie saoudite semble avoir soudainement renoncé au calcul de Jared Kushner et de ceux qui se cachent derrière sa démarche visant à anéantir ce qui reste des aspirations palestiniennes. Mais le sionisme, fort de ses bastions internationaux et de son ancrage moteur à Washington, a plus d'un tour dans son sac et rien ne dit qu'il voudra renoncer à la mainmise de l'Etat hébreu sur l'ensemble d'El Qods occupé et les morceaux de territoires encore indemnes malgré une colonisation rampante que nourrissent des flots de dollars opportunément investis par les milliardaires sionistes des Etats-Unis et d'ailleurs.
L'espoir est malgré tout présent. En témoigne la mobilisation devant la prison israélienne où nos 22 confrères, «coupables» de mettre en lumière les crimes israéliens, sont incarcérés en dépit de la résolution 2222 du Conseil de sécurité sur la protection des journalistes. Mais Israël se moque éperdument du Conseil de sécurité dès lors qu'il ne s'agit pas de clouer au pilori les pays et les peuples qui s'opposent à son expansionnisme débridé.