Les partis politiques à "l'heure du thé"

Tendances. Le président du parti El Bina a rendu visite, jeudi dernier, au président du parti Talaie el houriat. Les leaders du MSP et du FJD se sont rencontrés la semaine écoulée. Celui du TAJ et du RND également. L'ANR et le FLN ont tenu une rencontre de concertation. Le FFS invite les autres formations à lui rendre visite. C'est la mode. Les universités d'été ont été supprimées pour pouvoir se rendre visite et prendre le thé ennsemble. Se parler entre formations politiques. De quoi? Pas du prix des fruits et légumes. Pas de la récolte du blé en cours. Pas de sujets économiques faute de débatteurs. Que reste-t-il sinon les questions politiques? Ou plutôt la question politique. Vous l'avez compris, il s'agit de l'élection présidentielle de 2019. Si nous le disons de façon nette, les partis politiques en question s'y prennent autrement. Ils prennent des détours. Tous prétendent avoir un projet sous le bras. L'un pour atteindre le «consensus». L'autre pour la «transition». Ou les deux à la fois. La réalité est plus simple. On se tâte. On cherche éventuellement des partenariats. Voire si des alliances sont possibles pour «un candidat commun». Ces visites des uns aux autres prennent du temps et donnent un semblant d'activités à des partis qui étaient en hibernation. Il aurait été plus simple d'organiser un «Salon national» des formations politiques pour les rassembler dans un même espace, par exemple à la Safex. Les échanges auraient été plus rapides. Même si les élections étaient toujours «enveloppées» dans des questions de «consensus» et de «transition». On finit toujours par déballer le «cadeau» qui apparaît alors dans toute sa splendeur. Ce qui turlupine les responsables des partis politiques c'est bien la décision du président Bouteflika de se porter candidat ou pas. S'il se présente, tous les «projets» sous le bras qui auront servi de prétexte pour se rendre visite seront jetés au fond des tiroirs. Il y aura ceux qui soutiendront sa candidature. Pas seulement les partis de l'alliance présidentielle. Même le MSP dans sa nouvelle mouture donnerait son soutien au président en espérant réintégrer le gouvernement. Quant à ceux qui ne soutiennent que leur candidature comme Djaballah, Touati, Belaïd, ils continueront à rêver d'une base électorale conséquente qui les mènerait au pouvoir, mais qu'ils ne réussissent pas encore à capter. Ceci au cas où le président Bouteflika décide de se représenter. Dans le cas contraire, les partis dont on parle ne veulent pas être pris au dépourvu. D'autant que l'échéance avance à grands pas alors qu'aucune formation politique n'avance de candidat d'envergure présidentiable. Il ne s'agit pas d'élire un maire ou un député. C'est un autre «gabarit» de candidat. De plus, le temps joue contre ces formations qui se rendent visite. Pendues à la décision du président Bouteflika, elles perdent un temps précieux qu'elles devraient mettre au profit de leurs candidats. La convocation du corps électoral est prévue pour la mi-janvier. Plus que cinq mois!