Les faux calculs de Trump

A un peu plus d'un mois du prochain sommet de l'Opep, qui se tiendra à Alger, les regards sont focalisés sur l'Arabie saoudite qui a affiché sa volonté d'augmenter sa production pour faire face à un éventuel «faux bond»de celle de l'Iran qui est dans la cible du président américain. Les sanctions envisagées et promises par Donald Trump, qui sont déjà entrées en vigueur contre Téhéran, devraient en principe resserrer l'offre du marché. Ce qui pourrait sensiblement booster les cours de l'or noir. Une option contre laquelle le locataire de la Maison- Blanche a décidé de mener la guerre avec pour bras armé ses alliés saoudiens qu'il a déjà sollicités pour mener sa campagne à bon port. Or, les dernières statistiques livrées par l'Organisation des pays exportateurs de pétrole indiquent que le Royaume wahhabite n'a guère ouvert davantage ses vannes. La production saoudienne de brut a baissé de 52.800 barils par jour en juillet. Riyadh n'est donc pas à l'origine de la hausse de la production du cartel, qui a augmenté de 40.700 barils par jour durant le mois passé et risque donc de contrarier les plans du successeur de Barack Obama qui s'est fixé pour objectif de diminuer les prix du baril qu'il trouve trop élevés à son goût. Une offensive dont le but inavoué a pour dessein de mettre à genoux la République islamique d'Iran. En décidant de décréter un embargo sur ses exportations de pétrole il la priverait en effet d'une ressource dont elle tire l'essentiel de ses revenus en devises. Le rapport publié, hier, par l'Opep démontre que cela ne sera pas une partie de plaisir. Les sanctions américaines qui visent à affaiblir l'économie iranienne auront incontestablement des répercussions sur le marché pétrolier et les prix pourraient connaître une flambée qui n'est pas une vue de l'esprit. L'Iran soupçonnée injustement de vouloir accéder au club restreint des pays qui détiennent l'arme atomique possède en celle du pétrole une arme qui provoquerait des dégâts redoutés par les pays consommateurs, occidentaux en particulier. La fermeture du détroit d'Ormuz d'où transite près de 40% de la production mondiale est sous son contrôle. La menace de sa fermeture a été brandie. Elle doit être prise très au sérieux. Et à la guerre comme à la guerre. A chacun ses moyens. Ceux détenus par l'Iran peuvent faire très mal. Même l'Agence internationale de l'énergie, bras énergétique des pays de l'Ocde, a prévenu qu'avec le retour des sanctions américaines contre l'Iran, «le maintien de l'offre mondiale pourrait s'avérer très difficile». A bon entendeur...