Zemali et le nouveau Code du travail

Autres temps...Notre ministre du Travail, Mourad Zemali, a lancé, sur un ton qui se voulait neutre, une information majeure à partir de Sidi Bel Abbès où il était en visite de travail jeudi dernier. Il a annoncé que son département est actuellement occupé à la préparation d'un nouveau Code du travail «intégré». Il a bien fait de préciser que ce nouveau code n'est pas seulement l'affaire du gouvernement. Il implique également les syndicats et les organisations patronales. Zemali évoque la nécessité d'un «consensus» entre les parties concernées. D'autant et ainsi qu'il l'a rappelé que «l'Algérie n'a pas de vide juridique dans ce domaine. Elle (l'Algérie) possède un arsenal juridique qui a permis la mise en place d'une pluralité syndicale qui comprend 101 associations syndicales, 65 associations des travailleurs et 36 autres concernant les employeurs». Personne ne sera de trop dans cette oeuvre de «mise en conformité» du cadre juridique et les mutations qui «bousculent» le monde du travail en ce 3ème millénaire. Fait remarquable, Zemali est sorti de la langue de bois pour nous expliquer l'importance pour notre pays de disposer d'un nouveau Code du travail. «La question qui se pose actuellement est de réfléchir sur la manière d'adapter les lois actuelles au développement que connaît actuellement le monde du travail avec l'avènement du numérique et autres» a-t-il affirmé. On va le suivre dans sa franchise pour donner des exemples vivants de ce «développement numérique» qu'il expose. Dans tous les pays du monde, les emplois de la poste ne sont plus ce qu'ils étaient. Le courrier du facteur d'hier est remplacé par le courriel (message électronique transitant par le réseau informatique). Si vous faites une demande de recrutement à la poste, évitez de postuler au poste de facteur. S'il existe encore, il n'en est pas moins en voie de disparition. Même les pays développés tentent par tous les moyens de retarder les effets sur l'emploi de la révolution numérique. En France par exemple, les facteurs encore en service, livrent aujourd'hui même le pain. Pour conserver leur emploi. Revenons chez nous. L'administration locale n'est plus la même qu'hier. L'informatisation et la numérisation qui y ont été introduites ont fait le bonheur des citoyens pour la facilité de délivrance de leurs documents. Elles ont, dans le même temps, chamboulé les postes de travail à l'intérieur de cette administration. L'impact a été certes amorti par la formation et la reconversion du personnel, mais la politique de l'emploi dans ce secteur ne sera plus jamais comme avant. Tous les secteurs d'activités sont concernés par cette révolution numérique en cours. Sans distinction. Privé et public. La compétitivité, l'intelligence artificielle, la robotisation, la cybernétique, etc, sont autant de nouvelles notions et de nouveaux paramètres qui régiront le nouveau monde du travail. Notre gouvernement en a pris conscience. Il est à espérer que les partenaires sociaux aussi. Zemali est à l'ouvrage. Il n'est pas en avance sur le calendrier. C'est bien le moment!