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Octobre à Paris

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La tenue hier à Paris de la cinquième réunion du Comité mixte économique algéro-français (Comefa), sous la coprésidence du ministre des Affaires étrangères, Abdelkader Messahel, et du ministre de l'Industrie et des Mines, Youcef Yousfi, du côté algérien, ainsi que du ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian et du ministre de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire, du côté français, revêt une importance certaine si l'on considère la complexité et la dimension des enjeux dont il aura fallu débattre. En effet, mis à part les échanges économiques pour lesquels une embellie est observée, bon an mal an, malgré quelques couacs d'ordre géostratégique plus ou moins exprimés, tel n'est pas le cas pour plusieurs autres dossiers condamnés, depuis des décennies, à revenir sur la table des pourparlers et à soulever des questions en apparence conjoncturelles, mais en réalité caractéristiques du malaise profond qui accompagne en permanence les relations algéro-françaises.
On ne doute pas que l'analyse de la «coopération économique aura donné lieu à un examen exhaustif de l'avancement des projets de partenariat en cours», d'autant que la cinquième session du Comité intergouvernemental de haut niveau doit avoir lieu à Alger, dans quelques semaines, et sera présidée par les Premiers ministres des deux pays. Cela étant, comment ne pas aborder les sujets qui comportent quelques freins, quand ce n'est pas des coups de canif portés discrètement à «une coopération dont on ressasse qu'elle se porte plutôt bien».
La question majeure concerne bien sûr les visas, pour lesquels bien des choses ont été dites, souvent maladroites et porteuses d'une ambiguïté dont les racines plongent au fin fond d'une stratégie coloniale de division des ethnies algériennes, fort heureusement cimentées par la religion et par la langue. Toujours est-il que les restrictions intervenues au cours de ces derniers mois sont vécues ici comme une forme de chantage insupportable, alors que les justifications brandies paraissent d'elles-mêmes dérisoires. Et l'occasion de le dire intervient à un moment où la mémoire est, elle aussi, interpellée sur des évènements qu'on feint de méconnaître.
Il y a également la problématique qui aura été soulevée à l'occasion de la quatrième session du dialogue stratégique algéro-français sur les questions de sécurité et de lutte contre le terrorisme. Le ministre des Affaires étrangères, Abdelkader Messahel, aura explicité, une fois de plus, en la circonstance, la position doctrinale du pays sur «les grands dossiers politiques régionaux et internationaux d'intérêt commun, notamment les crises libyenne et syrienne, la situation au Mali, au Sahel, et dans le Maghreb, ainsi que certaines questions globales dont la migration, la lutte antiterroriste et la déradicalisation». Qu'il y ait des différences, quoi de plus normal. L'essentiel est qu'il ne puisse y avoir aucune divergence de fond sur des problèmes qui conditionnent au plus haut point la sécurité et la stabilité des deux rives méditerranéennes, en général, et des deux pays, en particulier.

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