Prévisions pour le 15 Decembre 2018

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Des brochettes et des livres

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Colle. C'est aujourd'hui que le 23ème Salon international du livre d'Alger (Sila) ferme ses portes. Pendant un peu plus de dix jours c'était la fête. Affluence record affirmaient les uns. Affluence notable corrigeaient les autres. A vue d'oeil, il y avait du monde. Des femmes, des hommes, des enfants, des vieux, des jeunes, des familles entières se marchaient sur les pieds dans les allées du salon. C'est beau. C'est même magnifique d'imaginer que les Algériens «dévorent» les livres. 1000 éditeurs sont inscrits au registre du commerce pour les contenter. 276 éditeurs parmi eux étaient présents au Sila. Les trois quarts manquants devaient être retenus par la préparation du prochain Sila. C'est tellement grand, c'est tellement important qu'il faut s'y prendre de bonne heure pour réussir un tel marché du livre. Les écrivains ne se comptent plus. Ils sont plus nombreux d'année en année. Il y a des bons. Il y a des moins bons. Enfin, il en faut pour tous les goûts. Les dédicaces sont distribuées généreusement. Promo oblige. Même si les lecteurs sont de moins en moins impressionnés par les auteurs. Le succès du Sila est là et c'est l'essentiel. Difficile pourtant de dépasser l'imagination. Il y a des signes qui laissent songeur. La foule qui déambule entre les stands n'a pas toujours les bras chargés de paquets de livres achetés. Par contre, l'ambiance est festive. Les marchands de brochettes et autres chawarmas sont venus en nombre. Ils louent cher leur espace. C'est pourquoi ils vendent aussi cher leur casse-croûte. Et pourtant, ça marche. Dedans on vend des livres. Dehors on vend à manger. Qui vend le plus? Pas de statistiques. Que de l'imagination. C'est beau. C'est magnifique. Tous ces visiteurs et visiteuses qui font part de leur passion pour les livres à tous les micros et toutes les caméras qui passent. Ce qui rappelle étrangement des attitudes de «m'as-tu vu?». Cet espace littéraire est-il réellement dédié à la «nourriture de l'esprit»? A la connaissance et au savoir? Pourquoi ne pas se poser la question? Cela pourrait même faire l'objet d'une trame pour un livre à exposer au prochain salon. Il y a une étrange impression qui donne au Sila le même rôle pervers que les rencontres offertes par les enterrements. On s'y rend pour voir et y être vu. Pour se rappeler au bon souvenir de X ou de Y. Une occasion d'exister. De lutter contre l'oubli. C'est tellement «instructif» de se rencontrer au Sila même si les stands des marchands de brochettes sont les plus fréquentés. N'y voyez aucune pointe de médisance. Pensez plutôt à cette équation simple d'apparence, mais difficile, voire impossible à résoudre. Où va cette foule de visiteurs du Sila les 355 autres jours de l'année pour assouvir leur soif de livres? Il n'y a qu'une quarantaine de librairies dans l'ensemble du territoire national. Avec qui commercent les 1000 éditeurs du registre du commerce? C'est la demande qui attire les marchands de brochettes de plus en plus nombreux. Pourquoi la «demande» du Sila n'a pas d'impact sur les libraires dont le métier se meurt? Qui a dit que c'est un problème culturel? Une véritable colle en effet!

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