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L'Etat face à la loi des pétards

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Vouloir, c'est pouvoir. Ce soir, il fera notre fête. S'il est un fléau qui nous poursuit depuis la nuit des temps, c'est bien celui des pétards. Si pendant un temps, il a réussi à se «greffer» sur la fête du Mawlid Ennabaoui, ce fléau s'est, depuis, étalé aux fêtes familiales pour sévir durant toute l'année. Certains avancent même qu'il sert, aussi, à annoncer la livraison de drogue dans des territoires servant de marché à ce poison. Un peu comme les signaux de fumée des Indiens d'Amérique. Chaque année, des saisies sont annoncées. Chaque année, les tables des vendeurs exposent toutes les variantes de ces pétards. Il est légitime de se demander d'où vient cette incapacité des pouvoirs publics à éradiquer ce «cancer» sanitaire, social et économique. Notre pays ne fabrique pas de pétards. Donc ils nous viennent de l'étranger. Ce qui veut dire qu'on les paie en devises. Ce qui veut dire qu'ils passent devant les guichets de la douane. Même si les pétards sont camouflés dans des conteneurs à vaisselle, il s'agit d'explosifs. Avec les mêmes propriétés que ceux des armes de guerre. Logiquement, si ces pétards passent les contrôles, les pains de plastic et autres munitions peuvent également franchir illégalement nos frontières. Ceci sur le plan sécuritaire. Sur le plan économique, les contrebandiers qui importent ces pétards font payer la facture en devises à l'Etat algérien. On facture des lavabos pour transférer les devises des pétards. Inadmissible! Sur le plan sanitaire, toutes les victimes de ces pétards qui chaque année laissent un oeil ou une grave brûlure difficile à soigner ont un coût financier que l'Etat est seul à prendre en charge. Encore inadmissible! Et enfin si on veut contribuer au bien-être des citoyens, il faut que les autorités accordent toute l'importance nécessaire aux nuisances sonores. Dans les pays avancés, elles font partie des pollutions majeures. Ce soir à chaque détonation de pétard, il faut avoir présent à l'esprit que cela favorise un climat de violence, que cela retentit sur l'intégrité et la santé des citoyens, que cela grève nos réserves de changes et défie l'autorité de l'Etat. Les seuls bénéficiaires sont les contrebandiers et ceux qui leur «vendent la route» comme disent les voyous. Peut-on prétendre interdire des centaines de produits à l'importation quand on ne réussit pas à en bloquer un seul?

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