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Hodeïda, symbole du drame yéménite

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Les pressions internationales ont fini par prévaloir. Les cris d'alarme de l'ONU et de ses organismes chargés de l'aide humanitaire, notamment avaient beau retentir depuis plusieurs mois, faisant planer le risque de la «pire crise humanitaire du vingt et unième siècle», la coalition sous l'égide de l'Arabie saoudite n'en avait cure. Elle continuait ses bombardements intensifs et plus ou moins aveugles des populations yéménites dans la partie occupée par les rebelles Houthis. Il aura fallu l'affaire Khashoggi dont le retentissement mondial a placé les dirigeants saoudiens dans une mauvaise passe pour que l'on assiste à une «prise de conscience» face à l'horreur imposée au Yémen. Oscillant entre un discours sévère et la tentation de dédouaner le précieux allié du Moyen-Orient, l'administration Trump a, en fin de compte, cédé sous les coups de boutoir des citoyens américains, révoltés par l'assassinat barbare du journaliste saoudien au consulat de son pays à Istanbul, le 2 octobre dernier. Les Républicains avaient eu beau jeu de dénoncer une cabale des rivaux démocrates, le fait est que les Américains, déjà irrités par les bruits de bottes à la frontière avec le Mexique, sous prétexte de barrer la route à quelques milliers de migrants, voyaient d'un mauvais oeil le soutien intensif apporté à la coalition conduite par l'Arabie saoudite au Yémen. On comprend, dès lors, pourquoi Riyadh a annoncé, la semaine dernière, qu'elle avait demandé aux Etats-Unis de mettre fin à l'approvisionnement en vol de ses appareils en survol permanent de Hodeïda pour y déverser des flots de bombes, généreusement vendues par la France qui prône, pourtant, un discours fort moralisateur dans les travées de l'ONU et dans les médias, appelant avec une certaine dose de cynisme la coalition saoudienne à «la retenue». Probablement, l'administration Trump a-t-elle répondu à sa propre invite, anticipant les critiques virulentes jusque dans les rangs des Républicains. Comme elle aura sans doute insisté auprès de ses alliés saoudien et émirati, pour que prenne fin, au moins provisoirement, l'acharnement contre le port de Hodeïda, devenu le symbole même du drame yéménite. Voilà donc les pays mobilisés contre la rébellion houthie, et à leur tête l'Arabie saoudite, prêts à reprendre les négociations sous l'égide de l'ONU, après une tentative avortée en octobre dernier. Ce serait faire preuve d'un optimisme béat que de croire à une paix imminente, mais le plus important est que les civils yéménites, et tout particulièrement les enfants et les femmes en proie à une tragédie humanitaire épouvantable, puissent connaître quelques jours, peut-être même quelques semaines, de répit en attendant le retour en enfer. Car il ne faut pas se leurrer. Ce qui se joue au Yémen n'est guère différent de ce qui est advenu en Syrie où des forces obscures, légitimées malgré leur extrémisme violent, ont essayé d'imposer leur loi et, faute de quoi, elles ont transformé leur échec en une tactique de la terre brûlée.

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