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Si le gilet vire au bulletin

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La question taraude les observateurs, comment les électeurs français ont-ils «réussi» à se laisser berner par les promesses des candidats à la magistrature suprême depuis plusieurs décennies? Dernier en date, le président Emmanuel Macron a surgi comme un météore dans l'arène politique, promettant un «monde nouveau» sans vraiment préciser au bénéfice de qui. Elu par 24% des suffrages au premier tour, il a bénéficié à l'instar de son prédécesseur François Hollande d'un vote refuge pour barrer la route au Front national de Marine Le Pen, devenu entre-temps le Rassemblement national. Pourtant, tout le monde savait qu'il vient de l'establishment, imposé d'abord au «socialiste» François Hollande, devenu au fil du mandat un social-démocrate pur et dur, et qu'il incarne sans le moindre doute les ambitions et les attentes des grandes banques et des grandes entreprises. Si nouveau monde il réalise, du coup, ce ne peut être que celui de la finance et du profit cumulé. Ainsi, on ne peut que s'étonner de l'étonnement manifesté depuis plus d'un mois par la vague des Gilets jaunes, conscients de subir un quinquennat de passe-passe que ne désavouerait pas le plus brillant des illusionnistes, Harry Houdini. Jeune, le verbe haut, droit dans ses bottes, Macron a vite oublié qu'il doit son élection pour beaucoup à Marine Le Pen, et il s'est ancré dans un mode jupitérien jusqu'à toiser les Français d'en bas, les qualifiant tour à tour de «fainéants», de «Gaulois réfractaires au changement», et j'en passe. Ce discours hautain et méprisant ne pouvait que mettre le feu aux poudres et il l'apprend aujourd'hui à ses dépens, même s'il s'est livré dans un 13 mn diffusé en différé, maquillé par une Marseillaise martiale dont les Gilets jaunes refusent d'être dupes à un mea culpa plus ou moins crédible. Les quelques «concessions», martelées comme des gestes augustes du Palais, n'ont pas convaincu le plus grand nombre et la France reste rivée à une contestation qui marque un tournant dans le rapport entre la caste dirigeante, massivement constituée par les promotions successives de quelques écoles chargées de protéger la Cour, et celle des «sans-dents», disait Hollande avant de se redécouvrir une âme de justicier solitaire. Soutenus par une majorité de citoyens qui, en cette veille de Noël, refusent d'être sans cesse les dindons de la farce, les Gilets jaunes persistent et signent. Mais la route est encore longue qui verrait se concrétiser un rêve déjà vécu par les générations précédentes, bien sûr en vain, et la redécouverte de la fronde, en ce vingt et unième siècle, se poursuivra dans la douleur. A moins que, Gilets jaunes ou pas, les bulletins de vote d'une France soudain affranchie ne se transforment en un immense «Ah ça ira, ça ira, ça ira!»?

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