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Sur la route de Sbiba

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Vendredi dernier, ont révélé les services de sécurité tunisiens, une douzaine de terroristes ont surgi de leur cache dans les montagnes environnantes de la ville de Sbiba pour parader, durant presque une heure, séquestrant une famille dans un premier temps, puis, avec un véhicule volé, s'attaquant à une banque où ils ont fait main basse sur plus de 40 millions de DT. Non contents de ces forfaits, ils ont assassiné au douar Khraïfia, dans la localité de Thamed, à proximité du mont Mghilla, Khaled Ghozlani, frère de Saïd, un sergent de l'armée nationale tunisienne assassiné le 5 novembre 2016 à son domicile, à Kasserine, par ce même groupe. La Tunisie a été abasourdie par l'audace de ces terroristes autant que par la défaillance du dispositif sécuritaire dans cette région du pays. Raison pour laquelle le chef du gouvernement, Youssef Chahed, a convoqué dimanche dernier une réunion sécuritaire de haut niveau, à Dar dhiafa, à Carthage, consacrée au «suivi de la situation sécuritaire du pays ainsi qu'à la récente opération terroriste de Sbiba». Beaucoup s'interrogent, en effet, sur les conditions qui ont caractérisé cette action, considérant à juste titre que les «12 salopards» ne pouvaient agir sans que l'alerte ne soit donnée, à un moment ou un autre. Il s'agit, rappelle-t-on, d'une zone censée être quadrillée en permanence par les militaires, les gendarmes de la Garde nationale et par la police. Les terroristes ont fait la démonstration de leur totale impunité aux yeux d'une population qui s'indigne de devoir faire face à une telle menace alors même que les discours louent, en permanence, la protection dont elle «bénéficie». Le chef du gouvernement Youssef Chahed a déclaré, en marge de la réunion tenue avec les ministres de l'Intérieur Hichem Fourati et de la Défense Abdelkarim Zbidi ainsi que plusieurs autres responsables de la sécurité et de l'armée, que les forces sécuritaires et militaires «feront face au terrorisme» et «vengeront le martyr Khaled Ghozlani» assassiné près de son domicile.
Par-delà les déclarations officielles, la rue s'interroge, de plus en plus, sur les tenants et les aboutissants de cette affaire, comme aussi de plusieurs autres qui concernent les réponses attendues sur la responsabilité des commanditaires de l'assassinat de Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi, les organisateurs des recrutements et des envois de centaines de jeunes au profit des groupes terroristes en Irak et en Syrie, ou encore, plus récemment, les responsables de l'organisation secrète islamiste dénoncée par un comité d'avocats et de militants reçus par le chef de l'Etat Béji Caïd Essebsi. Pour la plupart des Tunisiens, l'attaque de Sbiba n'est qu'un épisode qui vient se greffer à toutes ces affaires jusqu'ici demeurées sans réponse.

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