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Un triste bilan sélectif

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Tel un couperet, le bilan annuel de Reporters sans frontières est tombé mardi dernier, selon lequel les violences contre les journalistes à travers le monde sont reparties à la hausse durant l'année qui s'achève. 80 confrères ont été tués contre 65 en 2017. Leur seul crime est d'avoir exercé leur fonction, sans tenir compte des risques rencontrés dans certaines contrées où ne sévit pas forcément la guerre. La violence subie, précise l'ONG, est inédite et elle s'est abattue sur 63 journalistes professionnels, 13 occasionnels et quatre collaborateurs extérieurs. Le rapport souligne qu'en une décennie, ce sont au total plus de 700 qui ont payé le prix fort pour la liberté d'informer. La moitié d'entre eux ont été «sciemment visés et assassinés» et le cas le plus récent comme le plus médiatisé reste celui du Saoudien Jamal Khashoggi. «La haine contre les journalistes proférée, voire revendiquée, par des leaders politiques, religieux ou des businessmen'' sans scrupules a des conséquences dramatiques sur le terrain et se traduit par une hausse inquiétante des violations à l'égard des journalistes», a déploré RSF. «Démultipliés par les réseaux sociaux, qui portent à cet égard une lourde responsabilité, ces sentiments haineux légitiment ces violences et affaiblissent, un peu plus chaque jour, le journalisme et, avec lui, la démocratie», s'est-elle également indignée, dans un communiqué où elle souligne son extrême inquiétude pour un avenir de plus en plus sombre de la profession.
Ce n'est évidemment pas un hasard si la majorité des victimes concerne les hommes (77 pour 3 femmes) et se situe localement. Au plus haut de ce triste palmarès figure l'Afghanistan où 15 confrères ont été assassinés plus ou moins sauvagement, bien avant la Syrie où 11 journalistes ont cependant péri. Mais il n'y a pas que les pays en guerre où le péril est grand, puisque dans le tableau dressé par RSF, on trouve le Mexique (neuf confrères tués), l'Inde (six) et les Etats-Unis (six), sans oublier Israël qui échappe étrangement à ce bilan où sont harponnés l'Iran, l'Arabie saoudite, l'Egypte, la Turquie, la Chine et la Russie en ce qui concerne le nombre de journalistes emprisonnés. Pourtant, plusieurs journalistes palestiniens ont été assassinés au su et au vu du monde entier et, pas plus tard qu'il y a trois semaines, le siège de l'agence palestinienne Wafa a été pris d'assaut par l'armée israélienne chargée de la réduire au silence. En somme, le bilan des uns n'est pas forcément celui des autres.

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