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Exodus

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Le constat est à la fois ancien et amer, en témoigne l'état de nos «villes» et villages qui n'en finissent pas de subir l'érosion sur divers plans. L'exode qui a affecté la citadinité dans notre pays a connu trois périodes particulièrement dramatiques. La première eut lieu dès le lendemain de l'Indépendance nationale, avec cette réserve selon laquelle les premiers arrivants venaient pour la plupart de la périphérie, sinon des quartiers délabrés dans lesquels la colonisation maintenait ce qu'elle appelait alors les indigènes. La seconde période est intervenue en pleine révolution agraire, qui vit les moeurs paysannes totalement déboussolées au point que les fellahs et leurs familles s'installaient confortablement dans des habitudes qui leur étaient jusque-là étrangères, laissant de côté, quand ils ne les bradaient pas purement et simplement, des terres jadis prospères et peu à peu désertifiées. La dernière est intervenue après que le gouvernement du président Chadli Bendjedid eut tenté, vainement, de remédier à la catastrophe en cherchant, par la contrainte, à renvoyer dans leur douar d'origine les nouveaux venus agglutinés aux alentours des cités, devenues des citadelles à conquérir. La dernière période, donc, de cet exode qui a ébranlé les bases socio-économiques et culturelles du pays est intervenue sous les coups et les affres du terrorisme, particulièrement cruel en milieu paysan. Chacun se souvient des images terribles qui ont marqué à jamais l'imaginaire de plusieurs générations. C'est ainsi que les efforts inlassables des pouvoirs publics pour panser toutes ces blessures et maintenir la cohésion sociale dont a besoin le pays en marche vers le développement ont contribué à un mieux-être, non sans quelques inconséquences dans la distribution, unique au monde, de logements à des familles débarquées depuis deux ou trois décennies, quand d'autres, bien plus anciennes, sont laissées en rade. A cela, des raisons «objectives»: ces familles, composées de cinq ou six membres lors de leur installation dans les villes, quelles que furent les conditions, se trouvent aujourd'hui multipliées par trois, ou même davantage, et bénéficient donc d'un «droit à la priorité», aussi contestable qu'il puisse paraître. Les conséquences de la natalité, encore mésestimées, sont à craindre pour les prochaines décennies et, à cette heure, d'autres défis existent que l'exode évoqué nous impose. A titre d'exemple, l'eau, si précieuse, si rare en maintes circonstances, est tributaire de ce choc culturel qui fait que le comportement du paysan de naguère n'a rien à voir avec celui du néo-citadin d'aujourd'hui. Il suffit de voir le gaspillage et la dilapidation des ressources, pour différents motifs dont le plus évident est cette carence de la citadinité.

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