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Damas sera en mars à Amman

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N'en déplaise au Qatar qui se dresse, pratiquement seul, contre un prochain retour de la Syrie au sein de la Ligue arabe, alors que des pays du CCG comme les Emirats arabes unis ont déjà franchi le pas de la réconciliation, voilà que le président de l'Assemblée nationale jordanienne confirmait, dimanche, avoir convié son homologue syrien à une réunion interparlementaire arabe, à Amman. Geste qui intervient, il faut le souligner, en plein débat sur un retour des dirigeants de Damas dans les instances panarabes. Lors d'une rencontre avec le président de l'Association des avocats et député syrien Nizar al-Sakif, le responsable jordanien, Atef al-Tarawneh, a annoncé avoir «convié le président du Conseil du peuple syrien Hammouda Sabbagh à la conférence de l'Union interparlementaire arabe», prévue en mars dans la capitale jordanienne, selon l'agence officielle Petra. Quelques jours plus tôt, le MAE tunisien, Khemaïes Jhinaoui, avait déclaré que «la Syrie a le droit de reprendre sa place naturelle au sein de la Ligue arabe» et ce n'était sûrement pas par hasard. Un mois auparavant, une vive polémique avait suivi lorsque la présidence de la République chargée d'accueillir le sommet de l'organisation, fin mars à Tunis, avait cru nécessaire de démentir l'information selon laquelle le président Béji Caïd Essebsi aurait «adressé une invitation au chef de l'Etat syrien Bachar al Assad». Depuis 2011, la Syrie a été mise au ban du Monde arabe, à l'exception de quelques rares pays dont l'Algérie qui s'était élevée contre la décision abrupte de cette exclusion. Entre-temps, force est de reconnaître que la donne a beaucoup changé et que de plus en plus nombreux sont les pays qui se disent disposés à «revoir leur copie». Parmi eux, on compte l'Irak, bien sûr, mais aussi le Liban et...la Tunisie. Toujours en quête d'un «consensus», la Ligue arabe dit mener un travail sur la question et on devine, derrière le langage diplomatique très feutré, que la grande réticence, si réticence il y a, viendrait de l'Arabie saoudite. Pourtant, on voit mal comment ce pays serait aligné sur l'intransigeance qatarie, après les péripéties qui l'ont opposé à Doha. Qui plus est, les Emirats arabes unis, de retour à Damas après avoir rompu leurs relations diplomatiques en 2011, comptent parmi ses plus solides alliés, comme on le constate dans la guerre menée au Yémen. Si l'on ajoute le fait que le Koweït, la Libye, le Soudan et, surtout, l'Egypte partagent les considérations émiraties, on ne voit pas comment Riyadh pourrait tergiverser davantage alors que les défis auxquels est confrontée la région commandent un resserrement des liens aussi urgent que volontariste. Et pour cause, la Syrie, profondément arabe, est aujourd'hui en butte à de nouvelles menaces qui visent sa stabilité et l'unité de son peuple et ce risque induira, fatalement, des conséquences néfastes pour ces mêmes Etats qui se veulent hostiles à son retour au sein de la Ligue arabe.

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