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Les germes de la violence

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La Tunisie vit à l'heure d'une sombre affaire d'endoctrinement et de pédophilie qui n'a pas révélé tous ses tenants et aboutissants.
Une école coranique à Regueb, dans la circonscription de Sidi Bouzid, «abritait» des enfants maltraités, exploités et soumis à des sévices sexuels. Le chef du gouvernement, Youssef Chahed, a limogé le gouverneur de Sidi Bouzid et le délégué de Regueb. Le ministère de l'Intérieur a confirmé que l'école accueillait des enfants «dans des conditions inappropriées». Dans le rapport du médecin légiste, de graves agressions sexuelles sont constatées. Des forces de l'ordre ont débarqué en compagnie du délégué général à la protection de l'enfance et de cinq psychologues qui ont pris des mesures immédiates, avec le placement des enfants dans un centre d'intégration désigné par le ministère public. Décision que les parents dénoncent, avec le slogan «Rendez-nous nos enfants». A l'origine de cette affaire, une émission intitulée les 4 vérités et un reportage sur une école à 6 km de Regueb, «mystérieuse et inquiétante». Elle accueillait de jeunes enfants mais aussi des adultes, en internat, mais nul ne savait les conditions de vie et la nature de l'«apprentissage».En réaction, la direction de la prévention sociale et celle de la police judiciaire, appuyées par l'instance nationale de lutte contre la traite des personnes ainsi que le délégué à la protection de l'enfance, ont enfoncé les portes de l'«établissement» pour découvrir l'exploitation économique des «internés» et les sévices auxquels ils étaient soumis. Et c'est en présence des unités sécuritaires spécialisées que les faits ont été établis: 42 enfants, âgés entre 10 et 18 ans, et 27 adultes, ayant entre 18 et 35 ans, résidaient dans cet internat à l'hygiène lamentable, exploités dans des travaux agricoles et le bâtiment. Selon le ministère de l'Intérieur, un endoctrinement jihadiste leur était également imposé. En conséquence, les autorités ont procédé à l'arrestation du propriétaire de cette école, pour traite de personnes, exploitation économique d'enfants et violence, outre la suspicion d'appartenir à une organisation terroriste. Compte tenu de leur état de santé (asthme, gale, infestation de poux...), les enfants sont depuis, hébergés dans un centre de soutien psychologique et social. La mouvance extrémiste a investi les réseaux sociaux pour crier au rapt d'enfants, «séquestrés» par des autorités outrepassant leurs prérogatives. Parents et avocats de la mouvance «afghane» accusent l'Etat de «discrimination» et de haine de «l'Islam et du Coran»! Dans la large frange islamiste, les théories du complot ont aussitôt fleuri, accusant le gouvernement de «diversion» pour masquer ses échecs économiques et sociaux. Si Ennahdha a une approche plutôt tempérée de l'affaire et recommande de faire «confiance à la justice», les émules de Abdelfatteh Mourou démontrent que ses recommandations d' «investir dans les générations futures» sont appliquées à la lettre.

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