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Du grand débat au grand déballage

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Trente-huit ans après la marche des Beurs qui avait entraîné, d'une certaine façon, la venue des 110 propositions du candidat socialiste François Mitterrand en 1981, parmi lesquelles figurait en bonne place la promesse du vote des étrangers aux élections locales, promesse jamais tenue du reste, aussi bien par l'homme aux deux septennats que par tous les successeurs de son camp, que ce soit Lionel Jospin en tant que Premier ministre ou François Hollande, voilà que des Gilets jaunes du sud-est de la France annoncent qu'ils engagent une «marche pacifiste» de Marseille à Paris. La nouvelle est tombée vendredi dernier, avec l'espoir, disent ses auteurs, que les marcheurs seront rejoints par des cortèges d'autres régions afin de revendiquer un référendum d'initiative citoyenne «sans restriction». Le double départ a été donné le jour même, du côté de la frontière espagnole et à Marseille, par un groupe plus ou moins étoffé. Les deux caravanes ont l'intention de s'unir en cours de route pour porter leurs revendications jusqu'à Paris, avec la possibilité d'accueillir, tout au long de la route, d'autres Gilets jaunes venus de différentes régions de l'Hexagone. «Nous voulons un RIC sans restriction. Nous nous battons pour une justice fiscale et sociale, l'écologie et apporter notre soutien aux manifestants victimes de violences policières et de décisions de justice abusives», a expliqué Sarah Chabut, travailleuse saisonnière très remontée contre la riposte, parfois disproportionnée, des forces de l'ordre aux manifestations émaillées de violence du mouvement et ses centaines de blessés graves partout en France. Outre leurs revendications premières, les marcheurs entendent également plaider pour l'environnement, considérant que le président Emmanuel Macron s'est contenté de promesses et qu'il «n'a rien fait pour l'écologie». De fait, les one-man-show de ces dernières semaines, initiées dans le cadre du Grand débat, ont certes fait remonter la cote de popularité du fondateur de la République en marche qui a retrouvé ses accents de la campagne électorale de 2017. Mais c'est sans pour autant convaincre la grande majorité des Gilets jaunes qui parlent d' «entourloupe» et veulent voir du «concret». Très critiques, les dirigeants de la France insoumise et du Rassemblement national (extrême droite) dénoncent une politique spectacle qui ne répond pas aux attentes réelles des citoyens alors que les Républicains oscillent entre l'adhésion à une loi anti-casseur issue de leur rang et la nécessité d'affirmer leur opposition au stratège du Renouveau. Entre le grand débat et le grand déballage, la France vit au rythme des idées et des déclarations qui s'entrechoquent tandis que l'affaire Alexandre Benalla ne cesse d'alimenter les doutes et les interrogations autour du «président des riches».

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