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Nidaa, ton univers impitoyable

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Il y eut Dallas, la série qui a fait pleurer nombre d'Algériens dans les chaumières, au cours des années 80, et voilà que nous assistons maintenant, dans la même verve épisodique, à une nouvelle série concernant Nidaa Tounes. Rongée par une crise qui n'en finit pas de livrer ses soubresauts et ses secrets, parfois invraisemblables, le parti du président de la République tunisienne Béji Caïd Essebsi n'a apparemment pas achevé sa descente aux enfers. Non seulement, il n'y a pas l'ombre d'une chance pour résorber cette crise, mais elle tend à s'aggraver de jour en jour, avec comme coup de Jarnac la chute d'un responsable dans la fosse aux lions. Par un simple communiqué unilatéral, Hafedh Caïd Essebsi vient de renvoyer à ses chères études le coordinateur général du parti, Ridha Belhaj, dont il a «gelé» les activités au sein de toutes les structures. Exit donc Ridha Belhaj, qui dénonce une «décision anarchique, illégale et sans aucune valeur juridique». Il n'empêche. Comme tous ses prédécesseurs qui ont eu l'heur et le malheur d'afficher leur ambition pour le rendez-vous de décembre 2019, il doit plier bagage et rejoindre la cohorte des rivaux malheureux du fils du chef de l'Etat. Aucun clan susceptible de lui barrer la route de la candidature ne doit en effet exister et Hafedh Caïd Essebsi a suffisamment démontré durant l'année 2018 qu'il ne s'embarrasse guère de quelque état d'âme que ce soit. Trop occupé qu'il est à croiser le fer directement et indirectement avec le chef du gouvernement Youssef Chahed et son soutien islamiste, le parti Ennahdha de Rached Ghannouchi, HCE est jusqu'ici parvenu à s'affranchir de toutes les menaces latentes ou avouées, même si dans le comité politique du parti dont il est le directeur exécutif, le torchon brûle entre différents clans. Aux aguets dans sa tour d'ivoire, il exécute, à tour de bras, toutes les têtes qui songent à émerger, de sorte que les Tunisiens croient vivre un mauvais feuilleton, aux rebondissements sans cesse inattendus et à la méthode proprement inspirée par JR! Qu'importe si Nidaa Tounes frôle désormais les 15,5% des intentions de vote, loin des résultats de 2014, si l'on en croit le dernier baromètre de Sigma Conseils pour les législatives de décembre prochain. En clair, les pronostics concordent qui annoncent, avec une harmonie peu coutumière, la déliquescence d'une formation politique condamnée à ne pas survivre à son fondateur, la guerre fratricide n'étant pas près de s'éteindre de sitôt. Les grandes ambitions et les belles promesses de 2014 ont fondu comme neige au soleil et le peuple tunisien n'a plus d'autre recours que le discours pragmatique et retors du parti islamiste de Rached Ghannouchi où les divisions sont imperceptibles et ne se règlent pas à couteaux tirés...sur la place publique.

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