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La rue face à 24 millions d'électeurs

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Agitations. Au-delà de l'appel anonyme, au-delà des exigences antidémocratiques, au-delà du mépris du droit des électeurs à s'exprimer, les manifestations de rue qui ont démarré vendredi dernier et suivies par d'autres plus restreintes, ne peuvent pas renverser le cours normal de la vie politique dans notre pays. Pourquoi? D'abord parce que les lois de la République doivent être respectées et, notamment la Loi fondamentale votée en 2016. Ensuite, ceux qui suivent un appel non identifié font preuve d'un égarement à hauts risques. Et enfin parce que le dernier mot revient à la majorité comme dans tous les pays démocratiques. La Constitution et les lois de la république garantissent le droit à tout algérien de présenter sa candidature à l'élection présidentielle. Que des manifestants décident de fouler aux pieds ce droit constitutionnel est inacceptable. Il y a en Algérie plus de 24 millions d'électeurs. Combien parmi eux sont sortis dans la rue? 500.000? 600.000? Une minorité qui, en aucun cas, ne peut s'imposer pour réduire au silence l'immense majorité qui aura à s'exprimer le 18 avril prochain. L'option d'appeler cette majorité à une contre marche est dans l'air. Cependant, il serait mal venu d'opposer des Algériens à d'autres Algériens. Ce serait battre en brèche le processus de Réconciliation nationale durement acquis. Il n'en demeure pas moins que cette option n'est pas à écarter en ultime recours. Beaucoup de voix comparent ces manifestations de rue venues de nulle part et ne répondant à aucune formation politique classique de l'opposition, aux «Gilets jaunes» français. Au lieu d'accuser cette comparaison de singerie, il est préférable de relever que ces «Gilets jaunes» respectent la Constitution de leur pays et formulent des revendications liées au pouvoir d'achat. Chez nous, la seule revendication entendue est de vouloir interdire à 24 millions d'électeurs le droit de se prononcer. C'est tout simplement le contraire de la démocratie. Au lieu de sensibiliser en accomplissant un travail de proximité pour convaincre des électeurs de voter pour un candidat au lieu d'un autre, ces mouvements de foule non structurés et répondant à des voix inconnues sont dans une démarche qui est non seulement vouée à l'échec, mais est également porteuse de germes d'un retour à la violence. Nos ennemis promettent, cette fois, le dépeçage de l'Algérie. En citant le sort de la Yougoslavie après Tito!

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