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Les casseurs entrent en jeu

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Etincelle. De nombreuses voix ont qualifié de remarquable le civisme des manifestations du vendredi. D'autres disent toute leur fierté devant leur caractère pacifique. Les éloges pleuvent comme pour se rassurer des risques encourus. Si le premier vendredi, les manifestations se sont déroulées sans incident, cela n'a pas été le cas durant le deuxième vendredi. Les casseurs se sont invités aux marches. Notamment à Alger où selon le communiqué de la Dgsn, il y a eu «56 policiers et 7 citoyens (qui) ont été blessés par jets de pierres». Des actes de violence et de vandalisme ont également eut lieu. Les bureaux d'une banque ont été incendiés. L'hôtel El Djazaïr a été attaqué par des individus qui y ont dérobé le coffre-fort et incendié un véhicule, ajoute le même communiqué. Au total, la police a interpellé, à Alger, 45 personnes à la suite de ces actes de violence. On a l'impression que lors du premier jour des manif's, pris de court, les casseurs n'ont pas eu le temps de s'organiser. La semaine d'après ils se sont rattrapés. Jusque-là, les dégâts sont relativement peu importants. Qu'en sera-t-il la prochaine fois avec les manifestations devenues quotidiennes? Sauf miracle, la violence ira crescendo. C'est un processus naturel. C'est comme un microbe contagieux. Il se répand de manière exponentielle. Il faut être lucide pour dire qu'encourager les manifestations comme cela a été fait, même par une partie de la classe politique, relève de l'irresponsabilité. D'abord parce qu'elles ont été déclenchées par un appel anonyme. Ensuite parce qu'elles échappent à tout contrôle. Et enfin par son slogan anti-démocratique. Nous sommes en présence de mouvements de foule «guidés» à distance par un «centre de commande» virtuel. Réfléchissons sur le slogan dominant de ces manifestations! Alors que la volonté populaire dispose d'un magnifique instrument pour s'exprimer et qui est le scrutin, des voix anonymes des réseaux sociaux poussent la foule à l'ignorer. Comme si le peuple algérien ne méritait pas cet instrument utilisé à merveille sous d'autres cieux. Un tel mépris ne devrait pas nous échapper. Au bout du compte et sans alternative, ce slogan est fait pour nous mener vers le vide. Se peut-il que les enfants de Ben Boulaid, de Ben M'hidi et du million et demi de martyrs, puissent être poussés par des voix anonymes pour jeter l'Algérie dans le chaos? L'heure est au ressaisissement. Tant qu'il est encore temps!

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