Accueil |L'Editorial |

Esquisse de la Deuxième République

Par
Taille du texte : Decrease font Enlarge font

La semaine prochaine, demain ou peut-être même ce soir, s'imposera plus qu'elle ne se posera la question de ce que sera cette Algérie nouvelle. Quelle conception aurons-nous de la nation et la nature de l'Etat algérien? Aussi devrions-nous interroger d'où pourraient venir les énergies qui, après avoir amorcé l'espoir, lui donneraient consistance. Se pose également la question de savoir ce qui constitue les ressorts intimes de la demande citoyenne.
Le départ du régime est-il le seul mobile qui anime la vie politique du «hirak» avec ses paroxysmes hebdomadaires à travers le pays? Autrement dit, qu'en sera-t-il si demain le régime en place venait à jeter l'éponge?
A titre d'exemple, pour situer le débat, allons-nous rester sur le schéma actuel du centralisme jacobin? Irons-nous vers une régionalisation effective, une autonomie de régions, un fédéralisme? Autant de questionnements qu'il convient de régler dans le cadre d'un débat profond et d'un dialogue serein. Aux réflexes traditionnels d'appréhension qui habitent les uns, et à l'euphorie des autres, doit succéder la réflexion et la projection sur des lendemains qui s'annoncent très laborieux pour édifier la deuxième République. Pour son avènement, il faut maintenant des propositions politiques de sortie de crise.
Le pays n'est pas au creux d'une vague, mais dans un bain démocratique. Dans une ambiance inespérée pour débattre. Mais gardons-nous des déceptions post-révolution qui ont toujours rythmé l'histoire des nations, à commencer par la nôtre quand notre formidable révolution a été outrageusement détournée en juillet 1962.
Pour l'heure, convenons donc qu'il faut amorcer un certain nombre de mesures d'urgence de nature à créer un climat favorable pour l'ouverture d'un dialogue entre le pouvoir, les partis politiques, les organisations sociales et les leaders que doit nécessairement secréter cette formidable mobilisation sociale.
Un dialogue qui doit aboutir à l'élaboration d'un contrat politique. C'est autour de ce contrat que les acteurs seront appelés à s'engager et la mise en place des institutions de la transition. La feuille de route déclinée par le président Bouteflika dès son retour de Suisse n'a pas convaincu. De même que le tout nouveau Premier ministre Nouredine Bedoui a lamentablement raté sa première sortie médiatique de jeudi dernier. Que reste-t-il à faire? Ecouter le peuple dont le message a été entendu et surtout vu par la planète entière. Il appartient aux décideurs, au président Bouteflika en premier d'apporter une réponse claire

Réactions (0)

total :| Affiché :

Réagir à cet article

Entrez le code que vous voyez dans l'image s'il vous plait:

Captcha