Accueil |L'Editorial |

La mobilisation s'installe dans la durée

Par
Taille du texte : Decrease font Enlarge font

5ème vendredi. La contestation populaire s'est poursuivie hier dans les villes du pays et notamment dans la capitale. Malgré le froid et la pluie, la foule est toujours nombreuse à exiger le changement du système. Toujours aussi déterminée sans perdre, cependant, son caractère pacifique. La pression ainsi maintenue a fini par convaincre les partis politiques traditionnels de leur obsolescence. Les formations de la majorité choisissent de plus en plus de faire le «dos rond» en se gardant bien de rester en retrait. Leur attitude est marquée par des dissidences, des retournements et de larges fissures dans leurs rangs. Celles de l'opposition, toutes tendances confondues, ont compris, elles aussi, qu'elles n'ont plus de place dans ce mouvement populaire inédit. Seules quelques personnalités politiques, issues de ces formations, tentent individuellement de se rendre visibles pour continuer à exister. Sans grand succès. Tout en se gardant de se joindre à la foule, de peur de s'attirer les foudres des manifestants, ces personnalités préfèrent les plateaux de télévision pour dire leur «soutien au peuple». Certaines d'entre elles vont même jusqu'à tenter, via des communiqués, de publier des «propositions» sous forme de «plateformes» que la rue ignore superbement. Dans ce grand mouvement populaire qui ne faiblit pas depuis un mois, le pays ne semble pas être affecté outre mesure dans le fonctionnement de ses institutions. L'approvisionnement des marchés se fait comme à l'accoutumée. Les structures de l'Etat veillent à la régulation en déstockant, par exemple, des tonnes de pomme de terre ou d'ail pour prévenir toute flambée des prix. Tous les services publics sont assurés. Ceci ne veut pas dire que l'économie, de manière générale, ne subit aucun contrecoup. Il y a forcément un coût. Que ce soit par un certain ralentissement dans la dynamique de relance en cours. Voire même et plus globalement dans ce qui est communément appelé «climat des affaires» dont on ne peut pas dire qu'il est celui des meilleurs jours. D'autre part, la constitution du nouveau gouvernement tarde à se faire. Le Premier ministre, Nouredine Bedoui, ne communique pas trop, pris certainement par les multiples contacts qu'il doit avoir. Tandis que Ramtane Lamamra est très occupé sur la scène internationale. Hier il était en Suisse. Dès que Bedoui aura constitué son équipe, on en saura plus sur le futur immédiat. Attendons pour voir!

Réactions (0)

total :| Affiché :

Réagir à cet article

Entrez le code que vous voyez dans l'image s'il vous plait:

Captcha