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Ces experts qui déblatèrent

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Depuis quatre semaines, et chaque vendredi que Dieu fait, on les voit, toujours les mêmes, toujours bardés de certitudes. Ces experts du «Hirak» nous bombardent, avec une délectation suspecte, de leur laser verbeux, au-delà de la satiété, contraignant les plus endurcis à zapper sans cesse, tout en maudissant l'inexistence de TV avec des essuie-glaces. En ces temps de crise, ils hantent les plateaux, les studios des radios et, bien sûr, les pages des journaux qui comptent plus ou moins. Sans être inédit, le phénomène né sous d'autres cieux est copié hardiment dans nos vertes vallées. Sous l'effet de l'«urgence», les médias sont pris d'une sorte de crise épileptique et invitent, à tour de bras, des ferrailleurs de la parole, aussi creuse qu'elle puisse être. Sachant que nous n'avons pas d'observatoires pour inventorier ces assertions qui défoncent des portes ouvertes, ils s'en donnent à coeur joie. Et leur opportunité est pesée en termes de diarrhée verbale, sans plus. Quant à leur expertise, elle ne vaut guère mieux que celle du vendeur de sardines qui se mettrait à disserter sur les conditions de la pêche au coeur d'une tempête. Mais parlons de choses plus sérieuses, comme disait un commentateur sportif de l'antique RTA, et sautons du coq à l'âne. Cela me fait penser à ce qui se passe de l'autre côté de la Méditerranée, avec, sur les plateaux, des personnages hauts en couleur, comme Antoine Basbous qui parle de l'Algérie comme on parle du Limousin, entre la poire et le fromage. «Nos» experts ont leur particularité, celle de sortir de nulle part et de n'avoir, du moins en théorie, aucun fer à leur pied. Bien malin sera alors celui qui dira d'où proviennent leurs instruments d'expertise. Quant à leur tendance à pontifier outre mesure, sans doute est-ce dû à l'ivresse des caméras, et on ne peut que les en excuser si l'on convient que leur verbiage est évacué en même temps que leur image. Car enfin, qui peut se prétendre réellement expert en tirant plus vite que son ombre, lors d'un événement comme le «Hirak», et ne doit-on pas reconnaître, avec un observateur anonyme, que le seul véritable expert est «un expert qui se trompe moins que les autres»! N'ayant aucune base de données rigoureuse ni un réseau d'informations vérifiées qui coulent de source, tous ces experts, en fin de compte, ne sont là que pour amuser la galerie...

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