Accueil |L'Editorial |

Avoir 20 ans en Algérie

Par
Taille du texte : Decrease font Enlarge font

Mobilisés en force depuis le début du mouvement populaire de contestation du cinquième mandat, vite devenu ensuite un mouvement de revendication d'un changement complet du mode de gouvernance et du départ des figures qui incarnent un «régime» en place depuis une vingtaine d'années, les millions de jeunes descendus dans les rues des grandes villes comme des moyennes cités incarnent une Algérie inespérée. Avec leur fougue et leur détermination, ils disent leur volonté d'une transformation profonde de la politique et de sa représentation. leur action s'avère un torrent impétueux qui vient balayer un ordre devenu obsolète et, parallèment, une opposition ressentie comme un trou noir dans la nébuleuse du régime.
Fortement divisés sur la manière de sortir le pays de la crise, les partis de l'opposition ne trouvent aucune grâce à leurs yeux tandis que ceux dits de l'Alliance présidentielle subissent les foudres d'une condamnation sans appel, à l'instar d'autres forces et d'autres personnalités qui s'essaient à récupérer le mouvement.
Dans un tel contexte, on voit mal comment les différentes propositions de sortie de crise, qu'elles émanent des forces politiques plus ou moins crédibles ou, pas plus tard qu'hier, de l'armée soucieuse d'assumer pleinement sa mission de préservation de l'unité et de l'intégrité de la nation dont on devine qu'elles sont effectivement menacées par des tentatives d'incursion des ennemis traditionnels, peuvent parvenir à baliser la sortie de crise. Pourtant, le pays est condamné à trouver une solution qui répond aux exigences de la Loi fondamentale et qui, en même temps, correspond aux attentes de cette frange du «Hirak», si particulière par ses mots d'ordre et par ses impatiences.
Comme on pouvait s'y attendre, la réaction de cette vague de jeunes au lendemain de la sortie du chef d'état-major de l'ANP, le général de corps d'armée Gaïd Salah, est plus que circonspecte, voire même réfractaire.
Il faut dire que la revendication principale de la rue, depuis un mois, ne concernait pas seulement le départ du président Bouteflika, mais aussi celui de tout le système, auquel cas on ne peut imaginer que la crise soit enfin en passe d'être surmontée. Pourtant, il faut espérer qu'une solution médiane soit mise en oeuvre car le pays qui affronte déjà une situation économique difficile ne peut se permettre le luxe d'un bras de fer prolongé dont les conséquences seront dramatiques, à maints égards.

Réactions (0)

total :| Affiché :

Réagir à cet article

Entrez le code que vous voyez dans l'image s'il vous plait:

Captcha