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L'exigence d'une mutation profonde

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La mise en place d'un nouveau gouvernement, chargé d'expédier les affaires courantes, aura surpris tout le monde et elle a été «saluée» par les toutes premières réactions hostiles de manifestants à Alger et dans d'autres villes du pays. Elle intervient sur fond de rumeur persistante, selon laquelle le président Bouteflika serait en passe d'annoncer sa démission qui ouvrirait la voie au changement tant réclamé par le Hirak. Sur les 27 membres que compte la nouvelle équipe, conduite par le Premier ministre désigné le 11 mars dernier, seulement six figuraient dans le gouvernement sortant. Et quand on considère le profil de bon nombre des nouveaux ministres, on mesure la difficulté et les nombreux refus qui ont prévalu dans la confection d'un staff appelé à assumer la transition jusqu'à l'avènement d'un nouveau chef de l'Etat, seul à même d'engager les grands chantiers de nature à satisfaire les revendications exprimées. La nature a horreur du vide. c'est pourquoi il convient de comprendre que le nouveau gouvernement, quelles que soient les contestations affichées, n'a pas d'autres prérogatives que celles de veiller à la continuité de l'Etat, dans ses fonctions les plus ordinaires, au plan interne comme au plan extérieur. Quant aux attentes exprimées par les millions d'Algériennes et d'Algériens, lors des manifestations de chaque vendredi, depuis un mois, elles seront consacrées à travers un engagement dans la campagne électorale lors de la future présidentielle, pour peu qu'ils s'attellent à désigner leur porte-parole et les représentants censés incarner leur message dans les institutions qui naîtront par après. Echaudé par des décennies de clientélisme et de prébende, à différents niveaux de l'Etat, le peuple, dont plus de la moitié flirte avec la trentaine, rejette, non sans raison, les dirigeants qui hantent la scène politique depuis des lustres. Il réclame une deuxième République, porteuse d' une démocratie véritable. Aussi, rejette-t-il légitimement tous les compromis et toutes les tromperies qui chercheraient à le spolier de ses droits fondamentaux, comme ce fut le cas jusqu'ici. Cela étant, la décantation n'est pas encore à l'ordre du jour. Les inquiétudes, conjuguées aux doutes, de l'autre composante de la population, à savoir celle qui a connu l'ivresse démocratique d'Octobre 88 puis le cauchemar des années 90, demeurent vives. Le pays a donc besoin, de toute urgence, d'une démarche apaisée qui lui permette de sortir de l'ornière où l'a précipité l'aventureuse tentative du 5ème mandat et d'entamer la mutation profonde qu'exige le peuple tout entier, avec une certaine intransigeance, mais aussi une maturité certaine.

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