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La voie de l'Algérie nouvelle

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La déclaration du Kremlin qui appelle à «une transition sans ingérence de pays tiers» est-elle aussi sibylline qu'elle en a l'air? La question mérite d'être posée, sachant que Moscou n'a pas pour habitude de brasser du vent. Et sa réaction a le mérite de poser aussi clairement la question du devenir des «relations amicales bilatérales» pour lesquelles la Russie espère que la transition n'aura pas de «répercussion» dommageable. Difficile pour l'heure d'appréhender ces interrogations qui illustrent bien le climat incertain dans lequel se dessine le caractère politico-économique de la mutation.
Il faudra, en effet, attendre que le grand débat autour des institutions dont le peuple espère se doter serve d'indicateur sur la nature et sur les objectifs de la tansition. L'armée a pris ses responsabilités et pesé de tout son poids pour accompagner une Révolution pacifique qui a enthousiasmé par son souffle ainsi que par son exemplarité. Bien sûr, nombre de renards sont sortis de leur gîte, affublés de la peau du lion, afin de tirer leur épingle du jeu tandis que les adeptes de la versatilité outrancière tentent d'occuper les premières lignes. Mais cela n'est pas propre à cette Révolution.
La première étape franchie, essentielle parce qu'elle met fin à un quatrième mandat fait de décisions douteuses et de compromissions vénales, semble plébiscitée par les youyous de la population qui n'en demeure pas moins sur l'expectative en ce qui concerne ses autres revendications. La rue algérienne est devenue le moteur de la politique du pays et un acteur avec lequel il faut désormais compter. On peut difficilement imaginer qu'elle renonce d'elle-même à accompagner la transition qui doit nécessairement s'opérer dans un cadre respectueux des institutions et des intérêts majeurs du pays.
Le sursaut démocratique du mouvement populaire mérite que la transition soit menée avec une rigueur et une sincérité absolues, d'autant que le contexte géostratégique commande de veiller à maintenir une unité et une paix chèrement acquise. Dés lors, l'armée qui a joué un rôle déterminant dans cette première étape se trouve face à un choix crucial puisqu'il s'agit maintenant d'aborder la seconde étape, celle d'une élection présidentielle bien moins compliquée que des législatives et dont le mérite sera de baliser la voie aux grands changements attendus en matière de représentativité réelle et de respect de la volonté populaire. Une époque est finie, une autre s'annonce, avec autant d'espérances que d'incertitudes, mais il ne faut pas désespérer du génie de l'Algérie nouvelle.

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