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Les vendredis de la transition

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Lame de fond. Le peuple a démontré, hier, comme tous les vendredis depuis le 22 février dernier, qu'il n'avait aucune intention de lâcher prise. Il en sera ainsi jusqu'au changement réel et effectif du système féodal qui a sévi jusque-là. Le processus est en cours. La transition a commencé avec la démission du président Bouteflika. L'article 102 de la Constitution est activé. L'ordre constitutionnel a prévalu. L'ANP l'a encore rappelé hier sur les colonnes de sa revue «El Djeïch». «Toute décision prise en dehors du cadre constitutionnel est considérée comme nulle et non avenue» est-il précisé en Une. En maintenant le slogan dominant «Djeich, Châab, Khaoua, Khaoua», les manifestants expriment la même position que leur armée. Les partis politiques qui n'ont pas compris (ou admis) cette fusion du peuple avec son armée et qui cherchent d'autres solutions extraconstitutionnelles, n'ont rien compris des aspirations et attentes de ces millions d'Algériens. Et s'ils ne se ravisent pas et revoient leurs copies, ils risquent, à terme, de se voir conspuer plus clairement et autant que toutes les figures qui symbolisent l'ancien système honni. Il faut bien distinguer que la foule signifie le départ des personnalités politiques et oligarques qui ont fait partie de ce système, mais ne remet en aucun cas l'ordre constitutionnel. Une Constitution dont les dispositions permettent précisément le profond changement attendu dans l'ordre et la discipline. Ces «sorties» du vendredi ne sont qu'un moyen, puissant il est vrai, de maintenir la pression et démontrer la vigilance pour accompagner ce changement et s'assurer qu'il aura bien lieu. Même son aspect festif, par certains égards, est éloquent. C'est le couvercle de l'étouffoir qui a sauté. Ce que les formations politiques existantes oublient, c'est qu'elles font elles aussi partie intégrante de l'ancien système. C'est pourquoi, l'idée, annoncée jeudi dernier par le gouvernement, de permettre la création de nouveaux partis et de nouvelles associations civiles est d'une opportunité incontestable. Quant aux parasitages des uns et des autres sur des structures publiques qui changent de tutelle comme les services de renseignements, celles-ci s'expliquent uniquement par les restrictions des prérogatives, prévues par la Constitution (article 104), du président intérimaire. Il semble clair que la mobilisation populaire se poursuivra jusqu'au terme de la transition. «Selmia»!

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