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L'après-22 février et les abstentions

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Nouvelle donne. Maintenant que le peuple a repris ce qui lui appartient, c'est-à-dire le pouvoir constituant comme énoncé par la Constitution dans ses articles 7 et 8, il est attendu qu'il exerce pleinement sa souveraineté. Il n'a pas voulu d'un cinquième mandat, il a été entendu. Le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, a démissionné. Le Parlement saisi par le Conseil constitutionnel se réunira demain. Suite à quoi et conformément à la Constitution, le président du Conseil de la nation assumera la charge de chef de l'Etat pour 90 jours au cours desquels sera organisée une élection présidentielle. Le corps électoral sera ensuite convoqué permettant au processus de ce rendez-vous électoral de se dérouler. Retrait des formulaires, dépôt des candidatures, campagne électorale, etc. Il y a tout de même une particularité qui découle de la grande mobilisation populaire qui a lieu tous les vendredis depuis le 22 février dernier. Les Algériens ne veulent plus se taire. Ils ont décidé de se réapproprier le droit d'être partie prenante dans la gouvernance de leur pays. Dans leurs multiples «sorties» du vendredi, ils ont dit massivement ce qu'ils ne voulaient plus. Maintenant, il va falloir qu'ils disent ce qu'ils veulent. Qu'ils fassent leur choix sur le candidat qu'ils veulent comme président de la République. Il n'y a pas plusieurs façons de le faire que de passer par les urnes. Conscients de ce moyen incontournable qu'est le scrutin, il y a lieu d'en déduire qu'ils seront nombreux à participer à la prochaine présidentielle. Plus nombreux que d'habitude. Pour rappel et lors des législatives du 4 mai 2017, sur plus de 23 millions d'inscrits, seuls un peu plus de 8 millions ont voté. Aux municipales du 23 novembre de la même année, ils étaient un peu plus de 10 millions à avoir voté. Un léger mieux qui s'explique par la proximité des élus. Il n'en demeure pas moins que le taux d'abstention avait dépassé la barre des 50%. Mais puisqu'il s'agit d'élection présidentielle, celle de 2014 avait vu le taux de participation s'élever à 50,7%. Malgré tout, on peut dire que la moitié des électeurs algériens ne votait pas jusque-là. Etaient-ils tous inscrits? La mobilisation populaire sans précédent devrait entraîner une hausse de la participation. Pour ce faire, la loi électorale permet (art.14) une révision exceptionnelle des listes électorales comme en février dernier. C'est sûrement prévu!

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