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Un défi titanesque

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Parmi les diverses revendications du Hirak, on trouve cette pathétique exigence de la «lutte sans merci contre la corruption». Aussi est-on conduit à se demander de quelle corruption et de quelle lutte il s'agit précisément. C'est un problème aux dimensions titanesques et la volonté d'oeuvrer à l'assainissement de la maison Algérie s'apparente bien aux douze travaux d'Hercule. Le mal a gangréné toutes les catégories sociales, de sorte que l'humoriste a bien raison quand il affirme que, le jour où un taxi vous prendra en charge pour la direction que vous souhaitez, ce jour-là sera celui de la résurrection!
On en est encore bien loin, pour le moment, malgré de belles déclarations et des velléités fort sympathiques de remédier à la pandémie. A titre d'exemple, je me limiterai à citer quelques cas, même si les exemples foisonnent dans divers secteurs. Le citoyen lambda s'est longtemps résigné à souffrir en silence des passe-droits, de l'arbitraire et de certains abus, de sorte que la cruche, à force d'aller à l'eau, a fini par se casser le 22 février dernier. Le 5ème mandat était vendu avec une effronterie telle que la population, et plus particulièrement la jeunesse, a compris que le pays, parvenu au bord de l'abîme, allait faire un saut dans l'inconnu. Pour en revenir à l'hydre de la corruption, il importe de s'en tenir aux «affaires» qui ont imprégné l'imaginaire national. Il y a eu Chakib Khelil et l'affaire de la «loi sur les hydrocarbures». Il y a eu le «dossier» de l'autoroute Est-Ouest, passé d'un coût initial de 7 milliards de dollars à plus de 18 milliards, sans que le projet soit livré entièrement, à ce jour. Passons sur les nombreuses malfaçons et les travaux de réfection, tout aussi innombrables. Parlera-t-on aussi de ce qui s'est passé, dix années durant, à l'Anesrif où une gestion hasardeuse a nourri des appétits féroces? Evoquera-t-on le sujet «délicat» du siège d'Air Algérie, jamais achevé, mais source d'une gabegie financière dont a profité un cabinet d'études libanais et la société SNC Lavalin, sanctionnée au Canada pour ses pratiques de corruption, mais «gagnant-gagnant» en Algérie? Sortira-t-on de leurs cartons les incalculables affaires de détournement de biens de l'Etat et d'appropriation de terrains, sous des motifs douteux, par toute une faune de P.APC qui ont profité des quatre mandats successifs? Et si tout cela advenait, par miracle, qu'en sera-t-il des fonctionnaires obscurs qui monnayent à tout venant leur infime part de pouvoir ordinaire, à tel point que le malheureux citoyen ne sait plus à quel saint se vouer? Autant de questions, autant de certitudes...

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