Accueil |L'Editorial |

Comment faire tourner le moulin

Par
Taille du texte : Decrease font Enlarge font

En une seule semaine, du 31 mars au 6 avril dernier, le bilan des accidents de la circulation a été de 37 morts et 1345 blessés, pour l'ensemble du territoire national. Certains axes défraient régulièrement la chronique en la matière, notamment du côté de Djelfa et Sétif, mais le phénomène est endémique dans la plupart des wilayas du nord du pays. A cela, plusieurs raisons. Si l'on considère les statistiques de la décennie écoulée, on constate que, bon an mal an, entre 3800 et 4000 décès sont enregistrés chaque année sur nos routes, sans compter, il convient de le savoir, ceux qui s'y ajoutent après l'évacuation des blessés graves vers les hôpitaux. L'élément humain est principalement responsable de ce fléau, la plupart du temps à cause de l'excès de vitesse, mais on peut aussi pointer du doigt l'insuffisance chronique de la formation des conducteurs ainsi que la lourde responsabilité de la corporation des examinateurs dont le niveau de corruption est devenu proverbial. Sauf qu'il ne peut y avoir de corrompu sans corrupteur, ce qui nous ramène à la question déterminante du rôle des auto-écoles. La tutelle s'est échinée, depuis 2004, à tenter de clarifier et densifier une activité pédagogique essentielle pour la sécurité routière. En vain. Dans les années 2010, un effort méritoire a consisté à augmenter jusqu'à 25 h la durée de la formation à la conduite, mais quelques années plus tard, on a observé que le seul gain réel de cette mesure aura été d'accroître les tarifs quand le temps imparti passait d'une heure, en théorie, à une demi-heure en pratique, les causes incombant à diverses tactiques dilatoires. Voilà que, nouvelle tentative, mais non la dernière assurément, le ministère de tutelle annonce, sans trop de bruit, de nouveaux tarifs pour l'obtention du permis de conduire, applicables dès le 1er septembre de l'année en cours! Fixés par l'arrêté interministériel du 14 février dernier, ces tarifs doivent permettre de porter à 30 heures (5 de plus par rapport au texte précédent) la durée d'apprentissage de la conduite et, à 25 h, celle du Code de la route. Une décision qui devrait concourir à lutter efficacement contre le fléau du terrorisme routier et, cela, pour un coût modique de 34.000 DA dont on sait que les auto-écoles n'auront d'autre choix que de le «relativiser», en fonction des exigences des...examinateurs, décidément incontournables sur ce terrain! En témoigne cette auto-école de Aïn el Turk réduite au silence, faute absolue de candidats, parce que le préposé ne tarissait pas d' «éloges» sur ladite corporation. Mais, soyons rassurés, il est question de «renforcer l'application de ces mesures par des inspections draconiennes» de la tutelle!

Suivez ces commentaire via le flux RSS Réactions (0)

total :| Affiché :

Réagir à cet article

Entrez le code que vous voyez dans l'image s'il vous plait:

Captcha