Accueil |L'Editorial |

Le Hirak face aux mots d'ordre

Par
Taille du texte : Decrease font Enlarge font

Demain, une fois encore, la question sera de savoir quelle sera la réponse du Hirak à la déclaration du chef d'état-major de l'ANP, le général de corps d'armée Ahmed Gaïd Salah, depuis Ouargla. Les multiples messages, délivrés à cette occasion, ont été amplement décortiqués par les médias. Reste que la situation demeure toujours incertaine. Les responsabilités de cette conjoncture sont connues. Le groupe extraconstitutionnel qui a dirigé par procuration le pays aura commis une grave erreur, celle de confondre, par-delà le mépris que cela suppose, le peuple avec la foule. Or, c'est le peuple qui est souverain, de par la devise léguée par la République de Platon dont l'Histoire s'est emparée pour toujours. Quant à la foule, c'est juste un monstre, insatiable comme tous les monstres, mais qu'on peut contenir, diriger, dompter à chaque défi. Les millions d'Algériennes et d'Algériens qui défilent dans toutes les villes du pays et, principalement, à Alger, sont, bel et bien, le peuple dans sa dimension la plus souveraine. Aussi, fallait-il prendre acte de ses motivations profondes et de ses attentes légitimes. Responsables et patriotes, l'Armée et son chef d'état-major, nourris aux valeurs immuables de Novembre, ont encore confirmé à Ouargla leur attachement profond à cette légitimité populaire et, donc, leur détermination à soutenir les revendications exprimées, à commencer par celles d'en finir, de façon exemplaire, avec l'innommable corruption qui a gangréné le pays, à tous les étages de la société. Confronté, dans une telle conjoncture, à de multiples défis, aussi bien stratégiques que politiques, le pays a, cependant, besoin de redoubler de vigilance car il faut bien comprendre que les nombreux miroirs aux alouettes qui lui sont opportunément tendus ne visent, en aucune façon, à concrétiser son bien-être. Combien de voix jusqu'au-boutistes, nihilistes même, se font désormais entendre pour attiser la flamme de la révolte et imposer à l'Algérie une politique contraire, en définitive, à ses idéaux? La démarche explicitée par le général de corps d'armée Ahmed Gaïd Salah répond clairement à ces défis, tant elle se veut pragmatique dans son expression, étape par étape, pour empêcher les forces occultes qui recherchent le pourrissement et visent à faire dégénérer le mouvement, faute d'en tirer pleinement les dividendes. «Construire un Etat fort, sûr et stable» est un mot d'ordre qui a son exigence, celle de la méthode, de la patience et de la responsabilité. Le Hirak en est, heureusement, conscient.

Réactions (0)

total :| Affiché :

Réagir à cet article

Entrez le code que vous voyez dans l'image s'il vous plait:

Captcha