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Le dernier message du vendredi

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Deux constats pour la 9ème mobilisation de la rue, vendredi dernier: elle ne faiblit pas et, de ce fait, elle donne le sentiment d'une déferlante qui ira jusqu'au bout de ses exigences, d'une part, et face à elle, d'autre part, le pouvoir continue également de manoeuvrer. Sourd à l'appel du peuple au bord de l'exaspération, il consulte à tout- va, ou du moins, il déclare sa volonté de mener des consultations avec des personnalités dont rien n'indique qu'elles ont, pour ainsi dire, pignon sur rue! Il faut craindre, dès lors, que ce dialogue de sourds ne conduise le pays sur une corde raide à partir de laquelle tout peut arriver. Or, c'est précisément ce que souhaitent certains agitateurs en eaux troubles qui tentent de souffler sur les braises et que dénonce, à chacune de ses sorties, le général de corps d'armée Ahmed Gaïd Salah, sans pour autant en révéler l'identité exacte. Toujours est-il que le pays vit en mode minimaliste et que tout un chacun appréhende, désormais, le mois sacré de Ramadhan qui verra le mouvement revêtir une tout autre dimension, avec un télescopage prévisible entre les sorties du tarawih et celles de la contestation nocturne. Car il ne faut pas se leurrer et croire à une quelconque lassitude d'un peuple résolu à arracher son droit à la souveraineté. Cette ambition même est à la base de sa motivation profonde et anime le caractère révolutionnaire de sa mobilisation. Les étapes déjà parcourues, à savoir la démission contrainte et forcée du président Abdelaziz Bouteflika qui a dû renoncer aussi bien au 5ème mandat qu'à la feuille de route supposée conférer une prolongation de mandat ad vitam aeternam, d'une part, et la disqualification d'une élection présidentielle hâtivement convoquée dans l'espoir de «sauver les meubles», d'autre part, ces étapes servent de détonateur à un peuple qui refuse de concéder la moindre parcelle de souveraineté à un «système honni». Situation ubuesque, donc, que celle d'un pouvoir cramponné à sa feuille de vigne et convaincu de sortir indemne de la tempête, un jour ou l'autre, à condition de garder la maîtrise du navire et démontrer ainsi sa capacité à transcender les aléas de la crise. Ce faisant, l'objectif sera de gérer «au mieux» la transition, à l'heure où nombreux sont les prétendants à la succession qui surfent sur des revendications plus ou moins maximalistes et attisent leur brasier sans aucun état d'âme. Pourtant, le peuple n'est pas dupe, même s'il lui faudra reconnaître les siens au moment opportun, et il n'a d'autre souci, pour l'instant, que celui d'obtenir gain de cause, faisant fi du
«dialogue» proposé par le «système».

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