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Ali Baba et les 40 voleurs

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Demain, l'on suivra avec une attention extrême les vagues de manifestants à travers tout le pays, pour le dixième vendredi successif, sachant qu'au cours de la semaine écoulée, plusieurs faits notables ont apporté une réponse aux revendications majeures du Hirak, et plus particulièrement celle qui concerne la corruption. Les arrestations successives des barons de l' «industrie» privée qui ont puisé sans vergogne dans les caisses de l'Etat, pendant des années, saignant l'économie et appauvrissant le pays au moyen de transferts illicites vers des «paradis» fiscaux, ont surpris l'opinion et suscité une réaction favorable, même si d'aucuns cherchent, depuis, à distiller le doute sur les décisions de justice. Les manifestants, d'Est en Ouest, bien plus qu'au centre du pays où le clientélisme est en train de jouer une partition bien connue, diront, si oui ou non, les réponses à leur revendication sur la lutte contre la corruption leur agréent ou pas. Mais l'enjeu va également concerner la convocation de l'électorat, le 4 juillet prochain, pour une élection présidentielle de moins en moins probante. Une élection qui nourrit, elle aussi, beaucoup de doutes, au moment où des officines oeuvrent à un pourrissement de la situation en présentant des prévenus suspectés de graves détournements de fonds comme les «victimes expiatoires» d'une «justice instrumentalisée».
L'honnêteté aurait voulu qu'on accorde à la justice son droit d'instruire à charge et à décharge et de dire le droit, rien que le droit, pour n'importe lequel des prévenus en question, quel qu'il soit et d'où qu'il vienne. Mais l'objectif, clairement assumé, des loups qui crient au loup s'affiche dans leur tentative de porter un coup sévère à l'unité du pays, quitte à faire dévier le Hirak de sa vision initiale, toute de pacifisme et de maturité politique cimentée. Les Algériens doivent avoir conscience, demain et dans les jours qui viennent, du danger qui guette et des manoeuvres, plus que sournoises, dont ces stratèges de la division vont user et abuser, présentant de présumés voleurs comme des héros sacralisés. Le Hirak dira, demain, sa vision des enjeux qui se profilent et il enverra, ainsi, le message qui balaiera les interrogations factieuses. Une chose est sûre, néanmoins, le pays est bien entré dans une phase critique. Il suffit, pour s'en rendre compte, de voir les habituels pêcheurs en eaux troubles, dont la fortune est bien connue, s'ériger, comme à leur habitude, en donneurs de leçons!

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