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Souci d’ingérance

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Abrika et les radicaux n´iront pas à Paris. Depuis une année, la crise en Kabylie avait réveillé les vieux démons du particularisme d´anciens barbouzes qui voulaient que la patrie de Matoub Lounès devienne le ventre mou de la République algérienne. A Paris, on défilait pour que l´effusion de sang cesse avec des slogans venus d´ailleurs, oscillant entre dissidence et séparatisme.
L´Algérie avait sa Corse et l´attitude d´un Védrine, toujours aussi mitterrandiste, plaidait en faveur d´une ingérence fatalement présente.
Le moralisme ambiant de l´intelligentsia parisienne n´arrangeait pas les choses. Les comparaisons hasardeuses avec l´Histoire, faisaient miroiter, espérer à certains cercles français, que la Kabylie devienne le Kurdistan de Bouteflika, le tombeau de son quinquennat pourvu que la crise dure et que les esprits s´échauffent et que d´autres Guermah Massinissa tombent sous des balles assassines.
Mais Paris a besoin d´Alger. Du moins, depuis que Chevènement, Chirac et Jospin se sont présentés à l´élection présidentielle, les cartes commencent à être abattues. Le futur locataire de l´Elysée passera dans un mouchoir de poche. Dans un trou de souris que même les sondages s´y perdent. On vient à Alger y tâter de l´Arabe, toucher les têtes brunes de Bab El-Oued, et on n´oubliera pas de glisser quelques mots troubles sur la Kabylie. Sur ses morts et ses jeunes en espérant titiller la nostalgie de trois générations de Kabyles de France pour les attirer aux urnes de mai.
En Kabylie, certains regardent la France comme une porte dérobée où l´on peut s´esquiver après le grand incendie. De «généreux» médecins, humanitaires, journalistes et «droits de l´Hommiste» français ont sillonné les villages de Kabylie pour afficher une solidarité douteuse alors que la région se déchire et que les ponts du dialogue étaient jetés par le pouvoir.
En refusant le visa aux radicaux, Paris prend la tangente d´une position ambiguë sur la question kabyle.
Un signal clair qui tourne le dos à l´ingérence. Du moins, momentanément.

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