Et le peuple?
Ce qui se passe chez nous n´est pas beau du tout. Dans les pays qui se respectent, où tout semble aller pour le mieux et où les tâches des uns et des autres sont clairement définies, l´approche d´une échéance électorale donne toujours lieu à des joutes oratoires où chacun des postulants-candidats s´ingénie à faire connaître son point de vue sur chaque sujet et fait part de ses propositions en vue de solutionner les problèmes qui ébranlent la société ou perturbent son harmonie. Des idées qui ne sont ni plus ni moins que les fruits de nombreuses nuits de veille passées à étudier et à éplucher des dossiers que lui ont préparés ses conseillers et les membres de son staff électoral. Une équipe généralement composée d´individualités bardes de diplômes, qui en économie, qui en psychologie des masses, qui en sociologie. Chacun d´entre eux est en mesure d´apporter un soutien considérable au candidat. On va jusqu´à soigner son look et à lui conseiller les attitudes à adopter avec tel ou tel. Le plus gros du travail est fourni généralement par le sociologue qui connaît bien la société et les sujets auxquels elle peut se montrer sensible et réceptive. Le moindre des efforts à fournir est de montrer à cette société que l´on veut séduire que l´on est proche de ses préoccupations et de ses soucis. Mais hélas ! Mille fois hélas! Cela ne se passe pas de la même manière chez nous. A trois mois de la présidentielle, le pays donne l´air d´être en ébullition. La presse ne parle que des élections, de personnalités voulant s´opposer à un président qui brigue un deuxième mandat. Chaque partie, nous dit-on, fait des clins d´oeil à l´armée, chacun espérant que celle-ci intervienne pour remettre de l´ordre en sa faveur. Pas de programme, pas de projection vers le futur... Après les élections on verra ! Tel est le leitmotiv actuel. Chacun a une après-élection idéale sous son cuir chevelu. Et le peuple dans tout cela, nous diriez-vous? Une chose est certaine : il est convaincu que ce n´est pas demain que se régleront ses problèmes.
Surtout depuis qu´il a appris que des «personnalités politiques» en sont venues aux mains pour de sombres histoires de leadership.

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