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Les actes et les discours

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La visite de Nicolas Sarkozy à Alger constitue l´un des moments forts des relations algéro-françaises. D´abord parce que le ministre français de l´Intérieur est le numéro deux du gouvernement auquel il appartient, et surtout parce que, pour une fois, un officiel de l´Hexagone apporte une réponse claire à une question posée par les autorités algériennes. Connu pour son pragmatisme, mais également pour son sens assez développé de la chose politique, Sarkozy a semblé bien décidé à ne pas décevoir ses hôtes en faisant coïncider sa visite avec le règlement de la problématique de la consultation préalable pour la délivrance des visas d´entrée dans les pays de l´espace Schengen. Son collègue des Affaires étrangères, Philippe Douste-Blasy, était retourné à Paris bredouille, après une visite décevante qui a vu le ministre incapable de répondre franchement aux interpellations des responsables algériens et encore moins à une société civile qui, tout en appelant de ses voeux un rapprochement algéro-français, ne voudrait pas d´une relation au rabais.
Sarkozy semble avoir réussi là où a échoué Douste-Blasy. Non pas que la question des visas soit un point de fixation de la partie algérienne, l´annonce constitue, en elle-même, un signal fort quant à la volonté du ministre de l´Intérieur d´inscrire sa démarche dans le sens de l´action et de ne plus se contenter de discours creux.
L´homme n´est pas à sa première «réussite» en la matière. Lors de sa première visite en Algérie, en sa qualité de ministre des Finances, l´on se souvient que le court séjour a donné lieu à une véritable «poussée» dans la dynamique des relations économiques entre les deux pays. Là aussi Sarkozy n´était pas venu les mains vides. Et pour cause, il a mis en oeuvre le principe de la reconversion de la dette algérienne détenue par Paris en prise de participations dans les entreprises publiques. Indépendamment des résultats de l´opération, il est certain, qu´à l´époque, la décision des autorités françaises était jugée extrêmement importante.
Cela pour dire que le ministre français de l´Intérieur est forcément de cette race d´hommes qui ne passent pas inaperçus. Il sait y faire. Et tout le monde lui reconnaît cette aptitude à «capitaliser» politiquement des situations qui peuvent sembler désespérées.
Entre la France et l´Algérie, tout n´est pas encore réglé, mais le séjour algérois de Sarkozy est manifestement une pierre sûre dans un édifice qui se construit péniblement, mais qui se construit quand même.

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