L’âge de la sagesse
Après avoir connu des hauts et des bas, ces quarante-quatre dernières années, les relations algéro-françaises semblent connaître enfin l´âge de la sagesse. L´on notera, en effet, une certaine mesure dans les déclarations des officiels des deux pays. Les Algériens, après avoir longtemps attendu un signal fort de leur premier partenaire économique, ont fini par déchanter et commencent déjà à voir du côté des Amériques et de l´Asie du sud-est. Les Français, pour leur part, ont, enfin, compris que l´Algérie n´est plus le gâteau que se partageaient les grandes entreprises de l´Hexagone. Ils ont, surtout admis, que le monde, attiré par l´immense chantier de relance économique, généré par l´explosion des prix des hydrocarbures, ne considère plus l´ancienne colonie comme faisant partie de l´espace d´influence de la France. Le pétrole aidant, Paris n´a désormais plus aucune prise sur la destinée de l´Algérie.
Ainsi, la visite du vice-président du Sénat français, Jean-Claude Gaudin, est-elle perçue, en Algérie au même titre que celle du ministre portugais des Affaires étrangères ou encore celle du ministre de l´Intérieur, Nicolas Sarkozy. Les séjours des envoyés spéciaux de la République française ne constituent plus un événement pour les Algériens. Même si ces derniers ont d´abord vu dans le rapprochement entre leur pays et la France, matière à espérer une nouvelle dynamique de leur économie, toutefois ils ne pensent pas moins que si déception il y a, à voir les maigres résultats recueillis de l´historique visite de Jacques Chirac à Alger, celle-ci aura le mérite de détruire un mythe sur lequel les cercles pro-français ont bâti tous leurs discours.
Les quelques années qui nous séparent des dernières «retrouvailles» algéro-françaises, ont été suffisantes pour que les Algériens, lobby pro-français ou pas, comprennent que ce pays est une nation comme une autre qui cherche prioritairement ses intérêts. Le reste, tout le reste, n´est que littérature. Et pour preuve, toutes les interventions des entreprises françaises en Algérie, quel qu´en soit le domaine, ne sont en réalité, que des prestations de service contre de la monnaie sonnante et trébuchante. D´ailleurs, le réchauffement des relations entre les deux pays a coïncidé avec l´autre réchauffement, celui des prix du baril de pétrole.
Ceci dit, qu´on ne vienne pas dire aux Algériens: «On est là pour vous aider», lorsqu´au final, ce sont des entreprises françaises qui empochent des dividendes..

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