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Démocratisme

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Peut-on, au nom de la démocratie et de la liberté d´expression, faire impunément des déclarations qui portent atteinte à l´image de marque du pays? C´est là une question que le chef de l´Etat n´a cessé de poser depuis son accession à la magistrature suprême du pays. Pointant d´abord un doigt accusateur en direction de certains titres de la presse nationale, le président de la République ne se doutait apparemment pas que la «fièvre démocratiste» allait se propager jusqu´au sommet du pouvoir pour devenir un moyen de «toilettage politique», histoire de paraître le plus «clean» possible quand viennent les rendez-vous électoraux. Et à ce jeu, il faut admettre que le MSP passe pour un expert.
Et c´est donc très naturellement que l´opinion nationale a reçu les accusations de Bouguerra Soltani à l´encontre de hauts responsables de l´Etat qui seraient corrompus. Les Algériens qui ont fini par connaître le «mode opératoire» du parti islamiste ont, bien entendu, compris qu´il n´y a ni liste ni dossiers noirs. Le président du MSP savait aussi que l´opinion n´allait pas prendre ses propos au pied de la lettre. Et dans ce «sketch politique» très algérien, chacun y trouve son compte quelque part. Les élections approchant, le leader islamiste espérait glaner quelques voix supplémentaires et peser un peu plus lourd dans une Alliance présidentielle où tout le monde semble faire de la figuration. Le seul perdant dans ce scénario, c´est bien entendu l´Etat qui prend un autre coup. «Un de plus ou un de moins, quelle différence ça peut faire», pourrait dire les cadres et militants du MSP au moment de la récolte électorale.
Seulement, pour cette fois, le président de la République ne se contente plus de poser des questions, mais semble décider de passer à l´offensive. En sa qualité de premier responsable de l´Etat, il demande des comptes et il a raison de le faire. Et pour cause, lorsqu´un ministre d´Etat se permet ce genre d´accusations, il sera difficile de prononcer le mot «République» pour qualifier le système politique algérien. Bouteflika a rétabli les choses. Il reste à la justice de se montrer à la hauteur et prouver, dans le total respect des lois de la République, que la récréation a bel et bien pris fin.

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