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Une partie de poker à Tunis

Arrivé en tête du scrutin législatif, le parti islamiste tunisien Ennahdha est bien en peine de conclusion des objectifs annoncés, avec force tapages, à savoir le premier poste aussi bien à la tête de l’Assemblée des Représentants du Peuple que du futur gouvernement. A cela, une raison déterminante, au regard des autres formations politiques : depuis 2011 et le retour de Ghannouchi ainsi que de quelques autres dirigeants au pays, Ennahdha s’est forgé une réputation de manipulateur florentin, s’inscrivant, pour commencer, dans une troïka où figuraient deux partis majeurs, puis, dès 2014, s’associant avec Béji Caïd Essebsi avant de porter son dévolu, en 2017, sur Youssef Chahed en rupture de ban graduelle avec Nidaa Tounes. Grâce à cette méthodologie, Ennahdha a, non seulement, joué le rôle de faiseur de rois mais, aussi et surtout, il a évité l’usure du pouvoir, concédant à ses partenaires le mauvais rôle du bilan comptable. Ainsi, Tahya Tounes a payé le prix, déjà facturé auparavant à Nidaa Tounes.
C’est dans un tel contexte de méfiances et d’incertitudes que les tractations vont « bon train », dans les coulisses, pour parvenir à composer un gouvernement. Ennahdha a dû, bon gré mal gré, renoncer à ses exigences d’un chef issu de ses rangs, les discussions avec les partis désireux de faire un bout de chemin avec les islamistes ayant buté sur cette ambition. Car le parti de Ghannouchi, avec ses 52 candidats, n’a aucun autre choix que celui de s’allier à d’autres formations dont les résultats ont été suffisamment appréciables, afin de réunir les 109 sièges, ou mieux, les 125, qui garantiraient une majorité à l’assemblée, sans laquelle ce gouvernement ne saurait tenir alors que le pays doit faire face à un hiver social des plus chauds.
Nabil Karoui ( Qalb Tounes, 38 sièges ) a créé la surprise, jeudi dernier, en déclarant « nous ne sommes plus en guerre contre personne ». Ainsi, il tente une percée dans le mur avancé par Ennahdha à son encontre. Si un tel scénario venait à se confirmer, la tâche serait aisée pour le parti islamiste qui n’aurait plus qu’à glaner une trentaine d’élus indépendants et s’assurer une majorité relative. Quant à Abir Moussi et son parti démocratique libre ( PDL, 17 sièges ), qui se revendique du régime Ben Ali, elle s’interdit de composer avec l’un ou l’autre. Ce qui n’affole pas, outre mesure, Ennahdha qui a promis, hier, l’annonce d’un chef du gouvernement dans une semaine, au plus tard.

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