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Les enfumades, c’est quoi ?

C’est une invention française en Algérie. C’est une asphyxie de masse qui utilisait le feu de bois. Les chambres à gaz sont venues bien après. Retour sur une méthode des plus sauvages…

Invention de « civilisés ». Samedi dernier a eu lieu la projection d’un documentaire intitulé « les enfumades du Dahra, le crime de la civilisation » à la cinémathèque d’Oran. Il retrace le génocide commis par l’armée coloniale française, dans la région du Dahra (massif montagneux qui va de Mostaganem à Miliana). La particularité de ce génocide qui a fait des milliers de morts, tous des civils – des hommes, des femmes, des vieillards et des enfants- qui s’étaient réfugiés dans une grotte avec leur bétail qui était leur seule ressource, pour fuir les militaires français venus conquérir l’Algérie. C’était en juin 1845. L’officier, Jacques Pelissier, qui commandait les envahisseurs, ordonna à ces derniers de boucher toutes les issues de la grotte et d’allumer ensuite un vaste feu devant l’unique issue épargnée pour la circonstance. Toute la population algérienne qui se trouvait dans la grotte périt par asphyxie. Un militaire français présent à ce massacre témoigne dans un livre. « À l’entrée, gisaient des bœufs, des ânes, des moutons ; leur instinct les avait conduits à l’ouverture des grottes, pour respirer l’air qui manquait à l’intérieur. Parmi ces animaux et entassés sous eux, se trouvaient des femmes et des enfants. J’ai vu un homme mort, le genou à terre, la main crispée sur la corne d’un bœuf. Devant lui était une femme tenant son enfant dans ses bras. Cet homme, il était facile de le reconnaître, avait été asphyxié, ainsi que la femme, l’enfant et le bœuf, au moment où il cherchait à préserver sa famille de la rage de cet animal » écrit-il. L’officier Pelissier fut promu, pour cet acte de « bravoure », au grade de général. Qu’ajouter de plus devant cette sauvagerie, commise et revendiquée par des gens qui se disent civilisés ? Sauf de dire que ce n’était pas la première enfumade commise par le corps expéditionnaire français en Algérie. Ni la dernière malheureusement. Une année auparavant, en juin 1844, c’est du côté de Chlef- région des Sbéhas- que la population algérienne de la région a été décimée de la même manière. C’était le sinistre général Cavaignac qui en donna l’ordre à ses troupes. On le considère comme l’inventeur de la méthode qui sera plus tard perfectionnée en chambre à gaz lors de la Seconde Guerre mondiale. Voici un autre témoignage d’un sans-grade français : «J’étais avec mon bataillon dans une colonne commandée par Cavaignac. Nous allions châtier les Sbéhas. Après deux jours de course folle à leur poursuite, nous arrivons devant une énorme falaise qui est une excavation profonde formant grotte. Les Arabes y sont cachés. On pétarda l’entrée de la grotte et on y accumula des fagots, des broussailles. Le soir, le feu fut allumé. Le lendemain, les Sbéhas (hommes, femmes et enfants) étaient morts. Le soir les troupes rentraient à Orléansville. Telle fut la première affaire des grottes. ». Cette « victoire » sur l’ennemi a été tellement appréciée par le maréchal Bugeaud qui commandait toute l’expédition française, qu’il en fit une consigne à l’ensemble de son armée : « Si ces gredins se retirent dans leurs cavernes, imitez Cavaignac aux Sbéhas ! Enfumez-les à outrance comme des renards. ». Ce qui a incité d’autres officiers à faire mieux. Comme le général Saint-Arnaud qui, le 8 août 1845, a enfumé et emmuré une autre tribu dans une grotte située entre Ténès et Mostaganem. Voilà ce que lui-même en dit après avoir ordonné à ses hommes d’emmurer vivants les fugitifs : « Je fais boucher hermétiquement toutes les issues et je fais un vaste cimetière. La terre couvrira à jamais les cadavres de ces fanatiques. Personne n’est descendu dans les cavernes. Personne que moi ne sait ce qu’il y a dessous. Un rapport confidentiel a tout dit au maréchal (Bugeaud). Ma conscience ne me reproche rien. J’ai fait mon devoir. » Des propos qui rappellent ceux du général Aussaresses qui, un siècle plus tard, se vantait d’avoir torturé et assassiné Larbi Ben M’hidi. Lui aussi disait n’avoir aucun problème de conscience. C’est la conception qu’avaient des officiers français de la « civilisation » de leur pays qu’ils ont répandue en Algérie. Le documentaire projeté à Oran est une production de notre ministère de la Culture et a été réalisé en version arabe et française. Dommage qu’il l’a été sous forme de témoignages. Il aurait gagné à être plus élaboré sous forme de reconstitution détaillée. Pour le projeter dans toutes les cinémathèques du pays. Et même, ou plutôt surtout, dans toutes les écoles d’Algérie. Pour montrer à nos enfants le vrai visage de la colonisation française qui a duré 132 ans. Pour qu’ils sachent que les chambres à gaz utilisées contre les juifs, ont été inventées en Algérie. Contre des Algériens !

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