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Le bigame ment à la barre

Un bigame est traîné devant la justice pour non-paiement de la pension alimentaire.

Vers les seize heures de la mi-Ramadhan, un jeune couple désagrégé s’avance du côté de Abdenour Amrani, le président de la première chambre correctionnelle d’Alger, entouré de Hadj Mihoub et Fouzia Saïm, les deux sympathiques et compétents conseillers. C’est l’ex-épouse de quarante-deux ans qui prendra la première la parole pour confirmer ce qu’elle a déjà déclaré devant la section correctionnelle du tribunal de Bab el Oued (cour d’Alger). Un véritable réquisitoire est dressé contre l’homme qui paraissait contrarié par les révélations publiques de l’épouse révoltée par tant de mépris, de laisser-aller, de hogra, de piétinements, de silence longtemps gardé et ignoré par les plus proches.
Elle gonfle ses joues comme si elle éprouvait un réel plaisir avant d’éclater :
« Monsieur le président, savez-vous au moins qu’il ne nous donne, à son propre fils et moi, que la ridicule somme de deux cents mille centimes par mois ? Alors que le montant fixe de la pension est de deux millions de centimes/ mois. C’est-à-dire qu’il me donne pratiquement six cent centimes par jour : même pas de quoi payer une baguette de pain sec ! Ce n’est pas juste, c’est inhumain, c’est même sale comme comportement et il sait très bien que l’Etat ne peut rien contre lui ! C’est le champion de la fuite en avant et du mensonge. Lorsqu’il vous parle, il ne dit jamais la vérité. Aidez-moi, je vous en conjure. S’il vous plaît, ne m’abandonnez pas ! On m’a toujours dit que la justice ouvre les bras aux plus faibles, or, nous, nous sommes plus bas que faibles.» Sabrina pleure et avec des femmes aussi ! nombreuses en ce jour de jeûne). Affalé sur sa chaise, Kamel Yessaâd, le procureur général suit les pleurs et les lamentations et devra attendre son tour, au moment où le juge l’invitera à requérir pour vider sa besace afin de réclamer le maximum de la peine prévue par la loi : article 331. (loi n°06-23 du 20 décembre 2006 ) : «Est punie d’un emprisonnement de six (6) mois à trois ans et d’une amende de cinquante mille (50 000 DA) à trois cents mille (300 000 DA), toute personne qui, au mépris d’une décision de justice rendue contre elle ou en méconnaissance d’une ordonnance ou d’un jugement l’ayant condamnée à verser une pension alimentaire à son conjoint, à ses ascendants, à ses descendants, est volontairement demeurée plus de deux ( 2) mois sans fournir la totalité des subsides déterminés par le juge ni de s’acquitter du montant intégral de la pension.
Le défaut du paiement est présumé volontaire, sauf preuve contraire.
L’insolvabilité qui résulte de l’inconduite habituelle de la paresse ou de l’ivrognerie, n’est en aucun cas un motif d’excuse valable pour le débiteur. Sans préjudice de l’application des dispositions des articles 37, 40, et 329 du Code de procédure pénale, est également compétent pour connaître des délits visés au présent article, le tribunal du domicile ou de la résidence de la personne qui doit recevoir la pension alimentaire ou bénéficier des subsides.
Le pardon de la victime, après le paiement des sommes exigibles, met fin aux poursuites pénales. » Mariée en secondes noces, Sabrina. D. bien qu’ayant eu un enfant de lui, a volontiers essayé un bout de temps, de cohabiter avec la première femme qui est revenue à la maison pour les quatre enfants livrés à eux-mêmes et aux affres de la rue que tout le monde connaît et craint. Elle répond avec amertume aux questions courtes et faciles à saisir. Elle est rassurée par l’ambiance, surtout qu’à cette heure tardive de la journée ramadhanesque, il n’y avait plus grand monde, sauf des femmes venues soutenir leurs rejetons coupables de graves dérives. Donc, elle répondait sans tabou aucun aux questions précises du juge Abdenour Amrani, visiblement à l’aise lorsqu’il a affaire à des cocos du genre de Mehdi, dont les réponses puaient le mensonge, le dribble, l’esquive et la fuite en avant. S’apercevant que le gus ne faisait que mentir, le président dit presqu’entre les mâchoires, le regard menaçant derrière des lunettes de vue aux verres fumés : « Dites donc, prévenu, il est temps de passer à la vérité et de cesser d’aller vers le néant !
Vous avez le choix et il n’est pas difficile. Etes-vous assez chaud pour résister à un emprisonnement ferme ? Etes-vous disposé oui ou non à vous occuper sérieusement de votre seconde famille ?», gronde sérieusement le président qui a sous les yeux le verdict de la section correctionnelle du tribunal de Sidi-M’hamed-Alger. Il jette furtivement un œil sur le procès- verbal d’audience et lit : «six mois d’emprisonnement ferme.» Avant de passer à une affaire de chèque en bois, le juge annonce la mise en examen du dossier.

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