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Interprète de la chanson chaâbie

Abdelghani Azzouz, le jeune Cheikh

D’une famille artistique se révèle, souvent, un artiste hors du commun pour mener une génération dorée. Chez la famille Guettaf, du côté de La Glacière (Alger), le dernier en date n’était autre que l’illustre interprète de la chanson chaâbie, Abdellah, rappelé par Le Créateur en 2011. Le fait que le défunt avait placé la barre très haut au terme d’une carrière inégalable, l’on pensait qu’il fallait attendre des décennies encore pour espérer voir s’affirmer un des siens. Mais loin s’en faut. Cela s’est fait en un laps de temps court, donnant lieu à un « jeune cheikh » au nom de…. Abdelghani Azzouz.

Petit-neveu de Abdellah Guettaf, Abdelghani, au bout de ses 35 ans, se fraye déjà un chemin digne de son nom. Son modèle et père spirituel ne peut être autre que le défunt oncle, duquel il s’inspire et prend du plaisir à rappeler son talent à ses mordus, qui ne réalisent pas encore, huit années après, qu’il les a quittés par le corps, il demeure tout de même, présent par son âme et ses œuvres. Mais le jeune Abdelghani veut sortir de la casquette de Abdellah Guettaf, estimant que le temps de l’imitation est révolu à cet âge. Les gens doivent, selon sa conception, le suivre en tant que tel, et non en lui collant toujours l’étiquette d’un autre, quel qu’il soit. Ce que Abdellah Guettaf a réalisé « est difficile, voire impossible à atteindre ». De ce fait, l’imiter et tenter de faire pareil demeure un exercice voué, de facto, à l’échec. Il faut, donc, s’en inspirer et ajouter sa pierre à l’édifice.

Du môme à l’homme
Au grand public, Abdelghani Azzouz s’était révélé en 2013 lors de sa consécration au festival de chaâbie, organisé par le ministère de la Culture. Méconnu, alors, il a ébahi tous les présents et les membres du jury, faisant en sorte que son triomphe était incontestable. Ce fut le déclic pour lui, bien qu’il eût animé des soirées bien avant dans un cercle, faut-il le dire, réduit. Après ce festival, il a commencé à percer et à se faire un nom, au point de devenir l’un des chouchous des fêtes. Sa particularité, c’est qu’il reprend des textes difficilement interprétables, comme le faisait Abdellah Guettaf d’ailleurs, mais en leur donnant une nouvelle touche… celle de Abdelghani. Petit à petit, il se débarrasse de cette casquette pour endosser la sienne. Les textes que fuient les grands maîtres sont interprétés par Abdelghani avec une aisance qui ne laisse pas indifférent. Les interpréter n’est certainement pas synonyme de les répéter à la virgule près, comme l’ont fait ses aînés. Bien au contraire, en gardant une certaine harmonie, il innove avec sa voie cristalline dont Dieu l’a gratifié. Lors des soirées qu’il animait, on constatait chez les présents et mélomanes un silence assourdissant. Chacun voulait profiter au maximum du temps passé pour apprécier le génie de Abdelghani Azzouz, son jeu dans l’introduction de la voix, sa complicité avec son orchestre et ses improvisations.

Il innove sans cesse
En 2017, il décida de laisser son génie s’exprimer. Il interpréta un texte que nul n’a osé toucher, « El Âqiqia » du célèbre poète, Sidi Saïd El Mendassi. Un « bit wa siah » de plus de 3 heures et demie, que nul n’a pu interpréter sauf… Abdellah Guettaf, en 1987 à Cherarba (Alger). Un pari risqué pour Abdelghani, mais réussi tout de même. Chose qui n’a pas, pour autant, étonné ceux qui le suivent de près, lesquels s’y attendaient. Même les musiciens qui travaillent avec lui prennent un réel plaisir à leur tâche. «Avec lui, je travaille comme s’il s’agit d’un cheikh expérimenté, qui a des décennies de métier. Il est doué et a un bel avenir devant lui, pour peu qu’il garde la tête sur les épaules.
C’est ce qu’il est en train de faire d’ailleurs, avec un respect à ce qu’il fait, aux musiciens qui travaillent à ses côtés et à ses fans. Ce sont les prémices d’une grande carrière et c’est tout le mal que je lui souhaite », témoigne Kamel Boudjelal, célèbre instrumentiste (banjo), connu sous le sobriquet de « Kamel Jhonson». Ceux qui ont déjà goûté à l’œuvre de Abdelghani Azzouz sont gâtés, ceux qui ne l’ont encore pas fait, ratent, pour l’heure, quelque chose de si sublime. Cependant, il n’est jamais trop tard pour bien faire.

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