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Bouira

Culture : le vide total

Depuis juin et jusqu’à ce mi-juillet, la Maison de la culture ouvre aux heures administratives.

Voilà ce que disait le ministre de la Culture, Azzedine Mihoubi, lors d’une visite à Bouira juste après sa nomination à la tête du ministère : « Les structures inspectées, aujourd’hui, en compagnie des autorités de la wilaya montrent l’ampleur des efforts de l’Etat pour promouvoir l’activité culturelle dans cette région qui n’est plus marginalisée dans ce domaine. Tous les espaces inaugurés ou visités «vont donner une nouvelle impulsion à l’activité culturelle et nous permettre d’organiser des manifestations culturelles d’envergure et de permettre aux jeunes artistes de s’illustrer», avait-t-il ajouté dans ce contexte. Avant lui et du temps de Khalida Toumi, Bouira avait lancé un festival de Tikjda qui a vu pour sa première édition des lustres de la chanson défiler : Aït Menguellat, Benzina, les Abranis… Khaled a animé un concert au chef-lieu de la wilaya…Des années après et plus précisément en 2019 qu’en est-il de la situation de la culture sur le terrain ? Le théâtre, qui peut abriter plusieurs activités culturelles, constituant un acquis pour la wilaya, ainsi que pour le secteur de la culture, avait été inauguré et était à l’origine une salle de cinéma avant son aménagement en théâtre régional, dont le coût du projet est estimé à plus de 20 millions de dinars et continue à fermer ses portes. L’escalier d’entrée est un lieu de rendez-vous pour les habitants du quartier qui s’y installent quotidiennement en quête de fraîcheur. L’unique satisfaction vient de la bibliothèque, principale destination privilégiée de milliers d’étudiants. Réalisée avec une enveloppe de plus de 46 millions de dinars, elle comprend notamment des salles destinées respectivement à l’informatique, aux multimédias et aux conférences. Le théâtre régional dont les travaux de réhabilitation ont duré plus de 10 ans attend le début des campagnes électorales pour abriter des meetings politiques. Sur le plan de l’animation culturelle, la wilaya de Bouira peut se vanter d’être le précurseur, quant à l’austérité budgétaire décrétée en haut lieu. Tout au long du mois de Ramadhan et cet été caniculaire l’animation fait défaut. Cette inertie date du mois de Ramadhan déjà où tout le monde avait remarqué l’absence d’un quelconque programme d’animation si on excepte cette veillée du 27e jour, prise en charge par la direction des affaires religieuses. La raison évoquée reste le manque de finances. « La direction de la culture ne disposerait d’aucun budget pour pareille action », selon un membre actif d’une association. Pour ne pas s’attirer le mécontentement des responsables, la Maison de la culture accueille un échange avec des wilayas du sud du pays. Ces activités sont surtout bénéfiques et une occasion aux organisateurs pour faire du tourisme gratuitement. Une grande tente, quelques ustensiles anciens, des habits traditionnels et le tour est joué. Les lieux d’exposition restent déserts toute la journée. Les organisateurs font des tours à Tikjda pour découvrir la montagne et les recettes culinaires proposées par l’hôtel…
Du côté de la direction en charge de programmer les divertissements au profit des citoyens, c’est le calme plat. Pour meubler ce vide et faire plaisir à la hiérarchie, on organise des journées d’étude, des salons de l’artisanat, des journées portes ouvertes... terminées sitôt les responsables partis. La direction de la culture qui dispose d’une pléiade d’artistes, tous arts confondus et d’une infrastructure, tout en mesure d’accueillir des galas, des soirées, des projections cinématographiques, des pièces de théâtre…semble avoir opté pour le « wait and see ». Depuis juin dernier et jusqu’à cette mi-juillet, la Maison de la culture ouvre aux heures administratives. « Heureusement qu’il y a la coupe d’Afrique et les matchs des Verts », commente un jeune. C’est aussi le cas des infrastructures relevant de la direction de la jeunesse et des sports qui n’offrent aucune opportunité aux milliers de jeunes livrés à eux-mêmes, surtout ceux qui ne disposent pas de moyens pour partir en vacances ailleurs. L’image la plus révélatrice est celle de ces jeunes qui, chaque soir, et jusqu’à une heure tardive, jouent aux dominos sur le seuil de l’entrée de l’Office des établissements de la jeunesse M’hamed Issiakhem au chef-lieu de la wilaya.

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