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72e édition du Festival de Cannes / Une palme d’or bien méritée pour bong joon-ho

Le «Parasite» primé à cannes

Pour sa soixante-douzième édition, Cannes aura donc fait preuve d’une grande lucidité en consacrant «Parasite» de Bong Joon-Ho, donnant ainsi des nouvelles de la bonne santé du cinéma sud-coréen qui se développe de manière régulière et intéressante. Tout en ne dérogeant pas à ce qui fait la particularité de ce cinéma dans lequel une dose de fantastique est très souvent injectée, quel que soit le genre choisi. Joon-Ho, dont on avait déjà apprécié, précédemment, le travail à Cannes, est un cinéaste qui aurait pu mener une carrière hollywoodienne, sans difficulté aucune… Mais comme il nous l’avait confié, il y a une décennie déjà, «j’ai beaucoup de choses à dire sur mon pays où les injustices et l’écart entre les classes sociales, deviennent de plus en plus préoccupants ». On avait relevé ce souci dans « Barking Dogs », « Mother » et surtout dans le plus sombre de ses films «Memories of Murder».

Une consécration méritée
Avec « Parasite » Bong Joon-Ho, féru de cinéma européen (Chabrol, Clouzot) semble avoir lorgné de Ettore Scola («Affreux, sales et méchants»), pour raconter le quotidien d’un famille frappée par la misère et qui s’en accommode à sa façon, en assaisonnant, par exemple, son quotidien, en allant lorgner une famille aisée, sur laquelle elle a décidé de mettre dessus le grappin. Une sorte de «Bal des Vampires » que n’aurait pas renié, de son vivant, Abdelkader Alloua qui nous semble être l’alter écho, au théâtre, du cinéaste coréen. Capillarité confondante, voire troublante. Virtuose aussi bien du verbe, d’une précision horlogère, mais aussi de la mise en scène, Joon-Ho procède dans son travail à la manière d’un Robert Rossen (« L’Arnaqueur ») avec ce thriller aussi haletant que jubilatoire. «En 2013, j’ai eu l’idée de confronter deux familles de composition identique, l’une riche et l’autre pauvre. J’ai d’abord pensé en tirer une pièce de théâtre sous
le titre «Décalcomanie». Le temps passant, j’ai trouvé plus intéressant qu’une des familles s’introduise subtilement au sein de l’autre, et c’est devenu «Parasite», confiait-il dans un entretien. Le propos est grave, mais le ton est souvent désopilant, le cinéaste avoue qu’en écrivant le scénario ce n’était pas de la colère qui l’habitait, mais de la tristesse… Et elle suinte à travers les plans cette peine. Au final, un grand film, du beau travail, qui mérite cette belle consécration cannoise. Toujours à propos de ce rayon « couronnement », jusqu’à la dernière heure précédant la cérémonie de proclamation du palmarès, l’espoir de voir récompensé «Papicha » de Mounia Meddour, était encore vivace. Mais voilà, un coup de dés en a décidé autrement. Une autre oeuvre, d’excellente facture, a décroché la Caméra d’or, décerné au meilleur premier film de la sélection : « Nuestras Madres » du Guatémaltèque César Diaz.

Exit Papicha !
Le reste est à l’avenant. Toutefois, fait important à souligner, aucun titre retenu au Palmarès ne souffre d’une quelconque incongruité. Certes, d’autres auraient mérité d’être au rendez-vous, mais on ne peut rien contre les choix d’un jury qui reste maître du jeu. L’on pourrait s’étonner de certains choix, comme celui du Prix de la mise en scène aux frères Dardenne («Le Jeune Ahmed »), qui revenait de fait à Marco Bellochio («Il Traditore »). À moins de penser que Inarritu, le président, n’ait eu aucune connaissance du précédent travail des cinéastes belges et dans ce cas, leur réalisation pourrait lui paraître innovatrice, alors qu’elle n’a pas varié d’un iota depuis «Rosetta» (1999) qui leur a valu la première de leurs deux Palme d’or. The show must go on…

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