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Awel Ayta du collectif Alamoriska

Un film musical engagé !

Ils sont un groupe de jeunes artistes ayant commis ce travail bien original et percutant, à voir absolument !

Awel Ayta (disponible sur YouTube) est un court métrage musical qui n’est pas tout à fait un clip, mais plutôt un petit film décliné en comédie musicale qui aborde l’actualité politique du pays avec finesse et intelligence. Un film qui fait un état des lieux de l’Algérie, tout en évoquant le changement. Le film met en scène un groupe de personnes, musiciens et chanteurs qui sont tous habillés en blanc, jurant avec le spectre du fantôme. Un fantôme cauchemardesque dans l’Algérie, s’est mis à revenir ces dernières années avant que celle-ci ne reprenne sa dignité et voire sa jeunesse reprendre du poil de la bête et son destin en main. D’ailleurs, plusieurs tableaux et titres de chansons ponctuent ce petit film fort ingénieux où l’on devine au départ la chanson "khalti hlima" grâce à son refrain «Baôuna» de l’Orchestre national de Barbès.

Humour et dérision
Là avec humour et dérision, les acteurs se mettent à imiter le cri du mouton comme pour se moquer de ce que nous sommes devenus au fil des années, voire du système, un corps sans tête, une bande d’écervelés, dans un pays nourri par des escrocs. Un clip on le répète, intense, joyeux, libérateur, soigné et élégant qui n’a pas peur du ridicule, mais qui donne à écouter des paroles en pics et des mélodies en classe majeure avec un bel espoir au finish. Un clip classieux, en effet, comme l’est son aspect esthétique. Un travail signé Rami Aloui, réalisateur et son associé Nadir Mohammedi, dont deux jeunes pleins de talent, réalisateurs du collectif de production Alamoriska.

Une équipe de choc
A la question de savoir comment leur est venue l’idée de faire ce film/clip, nos deux artistes confient que l’idée nous est venue le soir du 1er mars ... On s’était retrouvé pour dîner ensemble et partager nos ressentis sur ce qui semblait s’esquisser en Algérie. On a parlé de nos souvenirs, de nos peurs et surtout de nos aspirations…» et d’ajouter : «Cela faisait un moment déjà que nous voulions faire de la comédie musicale Nadir et moi, de n’importe quelle manière, le fait d’avoir rencontré des artistes comme Youss, Mehdi Djama, Hind Boukella, Ico Wech et surtout ceux qui ont fait ce film, n’a fait que nous donner plus de maturité musicale et d’idées pour l’avenir…». A propos de la démarche artistique qui marque la pâte de cette œuvre on nous indique : «L’idée de faire ce film en comédie musicale est le résultat d’un processus particulier, que ça soit musicalement ou cinématographiquement. On ne saurait dire si c’est une comédie musicale au sens propre du terme… Nous rêvions d’un opéra chaâbi où s’entremêleraient nos récits et influences artistiques. C’est une expression artistique visuelle, sonore et musicale, bien évidemment inspirée de la comédie musicale avant tout, mais aussi de l’opéra, du clip…etc.» Aussi, coller à l’actualité politique n’était pas la finalité du projet, nous affirme-t-on mais plutôt avouent-ils : «On a surtout voulu s’inspirer de cette effervescence collective qui nous galvanisait un peu plus chaque jour. Entre la frustration de ne pas être là et l’envie d’accompagner les nôtres à chacun de leurs pas...

Espoir d’un lendemain qui chante
A propos de cette fine équipe qui a participé à ce clip, le collectif d’Alamoriska indique : «On s’est tous les cinq (Nadir Mohammedi, Rami Aloui, Mehdi Gharras, Mokrane Tighermet et Hakim Kerri) rencontré à l’étranger, tous migrants à temps partiel et partiellement exilés…» et de citer les noms de Mokrane Tighermet, ingénieur du son, bassiste, acteur et lauréat de l’Ecole supérieure des arts visuels de Marrakech, Hakim Kerri, guitariste, contrebassiste, chanteur, arrangeur, acteur lauréat de l’Institut de musique d’Alger (Irfm), et Mehdi Gharras, percussionniste, batteur, un peu rappeur, acteur et lauréat de l’Institut de musique d’Alger (Irfm). Tourné à Marrakech, là où vivent, pour info, tous les cinq depuis bientôt 10 ans pour la plupart, ce clip a été tourné, nous confie-t-on avec leurs propres moyens. «Alamoriska, notre collectif qui se transforme peu à peu en boîte de production a voulu véhiculer une expression libre et porter le talent de chacun pour notre premier projet de cette ampleur. Ainsi que d’ouvrir les portes pour de nouvelles connexions et de nouvelles collaborations…L’Esav, l’école de laquelle nous sommes lauréats Mokrane et moi nous a été d’une immense aide en nous mettant à disposition tout ce dont nous avions besoin. » Au-delà de vouloir faire des festivals, nos jeunes interlocuteurs, Rami Aloui et Nadir Mohammed, estiment qu’ils ont voulu offrir « spontanément cette œuvre à nos mères, à nos pères, à nos frères et sœurs, à nos amis, à nos proches, et à tous ces anonymes qui nous ont inspirés, qui nous ont fait pleurer et qui nous poussent à se surpasser....». Un bon cadeau, en effet, et un gage de mémoire qui est tout à leur honneur. Une œuvre à savourer sans modération.

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