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Recul des réserves de changes de plus de 7 milliards de dollars

Où va l’économie nationale ?

L’effondrement des réserves de changes n’étant pas un phénomène nouveau, il exprime en toute logique, les résultats d’une gouvernance bancale.

Fonte des réserves de changes, risque inflationniste, et éventuelle dévaluation du dinar, les indicateurs macroéconomiques entrent dans la zone rouge, les chiffres du ministère des Finances sont plus qu’éloquents, ils font état d’une baisse de 7,28 milliards de dollars, en quatre mois de réserves de changes, celles-ci passant de 79,88 mds usd à la fin de l’année 2018, à 72,6 milliards de dollars à la fin avril 2019. Une situation inextricable, néanmoins prévisible, compte tenu des impacts hautement négatifs de la crise politique, sur la situation économique, qualifiée par plusieurs experts, d’inquiétante et dangereuse.
Et pour cause, la situation de l’économie nationale souffrait déjà, avant le déclenchement du bras de fer qui oppose le Hirak au pouvoir en place, d’une cruelle absence de réformes structurelles et profondes à tous les niveaux. L’effondrement des réserves de changes n’étant pas un phénomène nouveau, il exprime en toute logique, les résultats d’une gouvernance bancale, dépourvue d’une vision à long et moyen terme, et d’un profond manque en matière d’investissements et de développement, notamment dans les secteurs névralgiques, tels que l’industrie, l’agriculture et le tourisme, pour ne citer que ceux-là. En somme, face à des décisions telles que le financement non conventionnel, les leviers économiques qui devaient être lancés pour équilibrer une telle dépense, n’ont pas eu lieu.
A ce sujet, le ministre des Finances, Mohamed Loukal, a estimé que la situation n’était pas aussi alarmante « le niveau des réserves est relativement satisfaisant, il équivaut à deux années d’importation et il nous permet une marge de manœuvre importante en matière de redressement de la situation financière». Avec comme seule alternative, le grand argentier du pays tente de rassurer « le gouvernement qui s’est récemment engagé dans une démarche basée sur la rationalisation des importations des biens, à travers leur limitation aux besoins réels du marché national, en attendant la généralisation de cette approche aux services». Une orientation qui a pourtant du mal à convaincre la sphère économique, d’autant plus que le ministre des Finances, annonce en même temps, le maintien du financement non conventionnel jusqu’à 2022, et n’exclut pas l’éventualité de l’endettement extérieur, c’est du moins ce qui ressort des ces dernières déclarations. Les spécialistes ne l’entendent pas de cette oreille, et y voient un danger imminent, notamment lorsque la conséquence directe, est sans surprise, un recul important de la valeur de la monnaie nationale, synonyme d’inflation, et de hausse du taux de chômage, Pour le professeur Mebtoul, « en cas de baisse drastique des réserves de changes à 10/12 milliards de dollars, qui tiennent la cotation du dinar algérien à plus de 70%, la Banque d’Algérie sera contrainte de dévaluer le dinar officiel à environ 200-220 dinars un euro, avec une envolée du cours sur le marché parallèle qui fluctuera en fonction du taux d’inflation entre 300-400 dinars un euro, ce qui accélérera le processus inflationniste. Il s’ensuit que la croissance devrait ralentir très fortement dès 2020 en provoquant une augmentation du taux de chômage ».
Ceci étant, devant les vaines tentatives du gouvernement, à apporter des explications et rassurer, il n’en demeure pas moins que sur la base des chiffres actuels, il serait difficile de ne pas ressentir l’inquiétude qui s’empare autant des institutions étatiques que des opérateurs économiques. Notamment lorsque ce dernier parle de mesures de sauvegarde des entreprises dont les patrons ont été incarcérés, alors que depuis des lustres, l’équation qui aurait permis d’amorcer un semblant de relance économique, résidait dans la création d’au moins trois millions de PME, d’améliorer le climat des affaires afin d’attirer le maximum d’IDE, une diversification des ressources, et le passage d’une économie de rente, à une économie de production et de compétitivité. En attendant l’émergence d’une gouvernance efficiente, la fin de l’année 2019 demeure des plus imprévisibles, et n’augure en aucun cas un retour à la normale. Les effets d’une nouvelle dévaluation, asséneraient le coup de grâce, au pouvoir d’achat des Algériens, qui n’auront d’autre alternative que de se réfugier dans les devises, ou dans l’immobilier. 

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