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Faut-il accabler le Mektoub ?

Qui allons-nous tenir pour responsable de ce drame de jeudi soir au stade du 20 Août à Alger, une heure avant le début du concert du rappeur-star Soolking ? Tragique bilan pour un gala qui avait toutes les promesses d’une joie juvénile : 7 morts et des dizaines de blessés. Est-il acceptable que des jeunes à la fleur de l’âge soient piétinés à l’entrée d’un stade pour assister à un concert de musique ? Allons-nous encore invoquer le Mektoub pour justifier ce grave manquement à la sécurisation d’une manifestation publique ? La sacralité de la vie humaine impose une enquête sérieuse pour définir avec exactitude les responsabilités. Il est vrai que ce n’est pas la première fois qu’un pareil accident arrive dans le monde, mais cela ne justifie pas le drame. Bien au contraire, il accable les responsables en charge du bon déroulement de cette fête. Plus que l’incompétence, le refus d’apprendre est un grave problème qui se décline en vie humaine à chaque fois. Allons pour des souvenirs macabres sans nous attarder sur le coût de la paix civile arrachée à coups de dizaines de milliers de morts et de blessés. Si l’Algérien parle de paix, il en connaît le vrai coût en sang et en larmes. C’est avec les mêmes peines et afflictions qu’il fait son apprentissage dans tous les autres secteurs de la vie.
Pour saisir l’importance d’un plan Orsec, évaluer la valeur d’un bulletin météorologique et comprendre qu’il faut nettoyer les voiries, il a fallu subir la catastrophe de Bab El Oued, en octobre 2001. Plus de 800 personnes ont péri suite à des inondations et des coulées de boue. Des milliers de sans-abri et un traumatisme national en plein mois de Ramadhan. Depuis, on sait interpréter un bulletin météo, mais pas encore à bien nettoyer les voiries.
Rappelons-nous le dramatique épisode de Boumerdès quand un séisme a frappé au mois de mai 2003. On a vu des bâtiments s’effondrer comme des châteaux de sable engendrant quelque 3000 morts et des milliers de blessés. Pas moins de 100 000 habitations touchées. Il a fallu aussi une onéreuse facture en vies humaines et en infrastructures pour que l’Etat se rende compte qu’il y a des normes strictes à observer pour la construction dans les zones classées sismiques. C’est à ce prix que l’Algérie fait son apprentissage de prévention des catastrophes naturelles. Elle a encore d’autres leçons à prendre dans d’autres domaines. C’est bien, c’est tant mieux. Les sociétés se nourrissent de leurs joies et de leurs peines pour construire leurs destinées. Mais jusqu’à quand l’Algérie restera condamnée à n’apprendre que dans la douleur ?

De Quoi j'me Mêle

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