{{ temperature }}° C / {{ description }}

Cité introuvable.

Treizième veto russe à une résolution imposant le cessez-le-feu à Idlib

«C’est la même chanson» a ironisé l’ambassadeur russe à l’ONU

L’ambassadeur russe à l’ONU, Vassily Nebenzia, a dénoncé «la flambée d’activisme humanitaire» des autres membres du Conseil de sécurité à chaque avancée dans la reprise de territoires par le régime syrien, soutenu par la Russie.

La Russie et la Chine ont mis jeudi leur veto à une résolution de l’Allemagne, la Belgique et du Koweït imposant un cessez-le-feu à Idlib en Syrie, approuvée par 12 pays, illustrant à nouveau la profonde division du Conseil de sécurité de l’ONU sur ce dossier. Il s’agit du 13e veto de la Russie à une résolution sur la Syrie depuis le début du conflit en 2011. La Guinée équatoriale, membre non permanent, s’est abstenue lors du vote. Le texte avait fait l’objet de négociations ardues pendant une quinzaine de jours. La Russie a plaidé en vain pour que le cessez-le-feu comprenne des exemptions pour les «opérations terroristes» menées dans la province d’Idlib (nord-ouest). Inacceptable pour les auteurs de la résolution car cela aurait ouvert la voie à de multiples interprétations et aurait conduit à de possibles nouvelles attaques de sites civils en Syrie. Les trois coauteurs avaient accepté dans un texte qualifié de «purement humanitaire» une mention évoquant des «mesures terroristes», sous condition qu’elles respectent le droit international, selon l’ambassadeur allemand, Christoph Heusgen. «Bombarder les hôpitaux, les écoles et les installations civiles ne participe en rien à la lutte contre le terrorisme», a lancé son homologue belge, Marc Pecsteen de Buytswerve. L’ambassadeur russe à l’ONU, Vassily Nebenzia, a dénoncé, de son côté, «la flambée d’activisme humanitaire» des autres membres du Conseil de sécurité à chaque avancée dans la reprise de territoires par le régime syrien, soutenu par la Russie.»C’est la même chanson, les terroristes se transforment en représentants de l’opposition», a ironisé le diplomate. «La résolution était d’emblée vouée à l’échec et vous divisez délibérément le Conseil de sécurité» avant le début la semaine prochaine de l’Assemblée générale annuelle de l’ONU au niveau des chefs d’Etat et de gouvernement, a-t-il accusé.»Il ne faut pas politiser la question humanitaire», a réclamé son homologue chinois, Jun Zhang, en demandant la participation de tous à la reconstruction de la Syrie.
Tous les pays ayant voté en faveur de la résolution ont déploré plus ou moins vivement le blocage de la Russie et de la Chine. Les Etats-Unis ont mis en garde contre une nouvelle offensive militaire à Idlib et exhorté l’ONU à rendre responsables les auteurs de la dégradation de la situation humanitaire dans le nord-ouest de la Syrie. Avant la réunion, l’ambassadeur français, Nicolas de Rivière, avait souligné le lien entre une fin de conflit et la reconstruction du pays. «Aussi longtemps qu’il n’y aura pas de solution sur les volets humanitaire et politique, la France, l’Europe et plusieurs autres pays ne participeront pas à la reconstruction» du pays, a-t-il averti. Des frappes sporadiques se poursuivent à Idli après quatre mois de bombardements du régime syrien. L’ONU ne cesse depuis le printemps de mettre en garde contre la dégradation de la situation humanitaire dans cette province où vivent quelque 3 millions de personnes dont 1 million d’enfants. L’ambassadeur syrien à l’ONU, Bashar Ja’afari, a dénoncé un projet de résolution «qui n’a rien à voir avec l’objectif proclamé» d’une aide humanitaire. Il «ignore la cause du conflit, le terrorisme», a-t-il dit. Dans la foulée de leur veto, la Russie et la Chine ont mis au vote un texte concurrent imposant lui aussi un cessez-le-feu. Mais à la différence du premier texte, ce dernier spécifiait que «la cessation des hostilités ne s’applique pas aux opérations militaires contre des individus, des groupes ou des entités associés avec des groupes terroristes». Comme attendu, la résolution a été rejetée, ne recueillant pas les 9 voix sur 15 indispensables à son adoption. Sur un autre plan, les parties syriennes et l’ONU sont parvenues à «un accord» sur la composition d’un Comité constitutionnel chargé d’établir une nouvelle Constitution pour la Syrie, a affirmé le secrétaire général de l’Organisation, Antonio Guterres. «Il y a maintenant un accord entre les parties sur la composition du Comité et (l’émissaire de l’ONU) Geir Pedersen met la dernière main avec les parties aux termes de référence», a-t-il précisé mercredi lors d’une conférence de presse sur la prochaine Assemblée générale de l’ONU. «Nous espérons que cela sera bientôt conclu», a-t-il ajouté. «J’espère que ce sera une étape très importante pour créer les conditions d’une solution politique à ce conflit tragique», a aussi dit M. Guterres. L’ONU travaille depuis des mois à la création de ce Comité. Il doit comprendre 150 personnes, dont 50 choisies par le régime, 50 par l’opposition et 50 par l’ONU. Outre la composition du Comité, l’ONU, l’opposition et Damas doivent aussi se mettre d’accord sur les procédures de fonctionnement de cette instance et sa hiérarchie. Le quotidien pro-étatique al-Watan a indiqué que M. Pedersen arriverait demain à Damas pour rencontrer lundi le chef de la diplomatie syrienne Walid Mouallem.

De Quoi j'me Mêle

Placeholder

Découvrez toutes les anciennes édition de votre journal préféré

Les + Populaires

(*) Période 7 derniers jours